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SOUVENIRS POLITIQUES

te que ce serait accorder deux dissolutions à un même cabinet et l’exercice extraordinaire de la plus précieuse des prérogatives royales. C’était M. Chapleau, évidemment, qui lui avait mis ces raisons dans la bouche. Au lieu d’aider ses ministres à sortir de cette impasse, comme c’était son devoir constitutionnel, il complotait leur déchéance avec l’opposition. Quelle triste page dans notre histoire politique !

Tous les moyens suggérés par la constitution étant épuisés, M. Joly remit sa résignation le 30 octobre 1879. L’opinion publique a justement flétri les cinq hommes dont la trahison avait entraîné la défaite d’un ministère qui avait la confiance de l’électorat, malgré la volte-face de ces députés.

L’œuvre accomplie par le gouvernement Joly dans moins de deux ans avait été considérable. Il avait réduit les dépenses du service civil, grâce aux sages économies qu’il avait pratiquées, il avait remboursé à la Banque de Montréal l’emprunt de $500,000 à 7 pour cent, contracté par le gouvernement DeBoucherville ; il avait trouvé l’argent requis pour payer les travaux nécessaires au parachèvement du Chemin de Fer du Nord qu’il avait ouvert à la circulation ; il avait rétabli notre crédit dans les banques qui lui avaient prêté tout l’argent dont il avait eu besoin, et cela, dans d’excellentes conditions. Enfin, un syndicat composé d’hom-