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SOUVENIRS POLITIQUES

Ce fut feu le juge Monk qui eut la mission délicate de présider le tribunal chargé d’instruire un procès aussi épineux.

Malgré leurs fanfaronades, les amis de Senécal ne voyaient pas sans une certaine appréhension l’ouverture des hostilités. L’avocat du gouvernement qui était à la dévotion des « Senécaleux » essaya de faire ajourner le procès à un autre terme. Ces procédures criminelles avaient été instituées en vue des élections provinciales qui devaient avoir lieu à l’automne. Le substitut du procureur-général n’avait pas fait assigner un nouveau tableau de jurés afin de faire remettre la cause : cette petite manœuvre n’eut point de succès. La cour ordonna d’abord l’assignation d’un nouveau tableau, puis, elle annulla ensuite cette ordonnance, et, elle donna ordre aux jurés alors présents de ne pas s’éloigner avant que cette cause ne fut instruite. Bon gré, mal gré, il fallut procéder. MM. F. X. Archambault, neveu de M. Senécal et M. Carter agissaient pour la poursuite.

Comme il semblait à la mode de taper sur ce malheureux Senécal, le Chronicle de Québec, crut devoir la suivre en publiant un violent article contre lui. Dans cet écrit, il mettait les ministres en demeure de jeter Senécal pardessus bord s’ils ne voulaient pas sombrer