Page:Langelier - Souvenirs politiques, vol 1, 1909.djvu/202

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page a été validée par deux contributeurs.
209
SOUVENIRS POLITIQUES

mait, semait, sans le vouloir peut-être, des germes puissants pour la cause qu’il défendait avec tant de sincérité.

Le gouvernement Mousseau ne se releva point de sa défaite à Lévis ; ses amis voyant le péril que courait la barque ministérielle commencèrent à songer à déposer le premier ministre. La Gazette de Montréal déclara que puisque M. Mousseau n’avait pas la force nécessaire pour commander, c’était son devoir de céder le pas à un autre homme plus fort et elle annonça sa retraite pour quelques jours plus tard. La Minerve en fit autant. Nous verrons bientôt M. Mousseau monter sur le banc comme juge à Rimouski et le Dr. Ross, de Ste-Anne lui succéder au timon des affaires. Tout cela, était l’œuvre de M. Mercier qui avait réussi à réveiller l’opinion publique depuis si longtemps endormie.

Pendant que la scène politique à Québec était aussi agitée, le monde religieux traversait de son côté une crise assez singulière : l’Université Laval était assaillie avec vigueur par le parti castor. On l’accusait de partager la grave erreur du libéralisme et de garder dans son corps enseignant des professeurs, francs-maçons. Le Grand Vicaire Hamel fût désigné comme étant un membre des loges. Pour quiconque connait ce saint prêtre, cette natu-