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SOUVENIRS POLITIQUES

l’implora au nom de tout son parti : « Tentez, lui avait-il dit, un effort suprême pour sauver Riel ; si vous ne réussissez pas, vous sauverez au moins l’honneur des nôtres ; faites le sacrifice de votre portefeuille et en retour j’oublierai tout le passé ; je ferai taire toute rancune, je combattrai pour vous et sous vous. »

Nobles paroles qui malheureusement ne furent pas entendues ! Chapleau manqua cette occasion de devenir l’homme le plus populaire parmi les Canadiens-français. Mercier se mit à la tête de ses compatriotes et il s’y est acquis une popularité qui restera à jamais gravée dans le souvenir de ceux-ci.

M. Joly désapprouva cette agitation, et comme il se trouvait en désaccord avec ses électeurs, il leur remit son mandat. Il s’était certainement mépris sur la nature du mouvement qui agitait alors le pays, car il possédait trop de sens politique, il avait un cœur trop noble, trop généreux pour ne pas condamner l’action des ministres qui, après avoir opprimé, tyrannisé, persécuté un sujet britannique, le trainaient ensuite au gibet parce qu’il avait osé résister à ses tyrans !

M. Watts, député des comtés de Drummond et Arthabaska imita M. Joly et remit lui aussi son mandat.

Un certain nombre de Canadiens-fran-