Page:Langelier - Souvenirs politiques, vol 1, 1909.djvu/233

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page a été validée par deux contributeurs.
240
SOUVENIRS POLITIQUES

plus tard qu’à trois heures de l’après-midi ; elle le fut effectivement. « La sainte, dit-il en recevant l’argent, je vous promets que les pendards ne parleront point. » Il tint parole : l’assemblée fut un fiasco monumental qui ota aux pendards l’idée de répéter l’aventure.

La manière dont Lemelin s’y prit pour briser cette assemblée est trop amusante pour ne pas être racontée.

Sir Adolphe Caron et ses partisans avait choisi pour le théâtre de leur exploit, la maison d’école, une bâtisse avec des châssis très hauts dont les carreaux étaient tout petits. Il va sans dire que les amis de Sir Adolphe s’attendaient à du bisbille et qu’ils s’étaient préparés en conséquence. Les nôtres n’étaient pas très pressés de pénétrer dans cette salle, sachant bien l’accueil qui leur serait fait. Soudain, le père Lemelin eut une idée lumineuse qui décida de la victoire. Le long de l’école se trouvait une cordée de bois de poêle, débité en petits quartiers ; il en distribua deux ou trois à chacun de ses hommes avec instructions de les jeter dans les fenêtres dès qu’il en donnerait le signal. Tous ces quartiers de bois lancés ensemble produisirent un effet merveilleux, les vitres se cassèrent avec fracas on aurait dit que la bâtisse elle-même allait s’écrouler. Bref, la panique fut telle que chacun se sauva à qui mieux mieux, les gens