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SOUVENIRS POLITIQUES

plorée dans le passé avait succédé un vif intérêt pour la chose publique. Cet état d’âme était dû aux assemblées qui avaient eu lieu, aux polémiques des journaux, et disons-le, au patriotisme des Canadiens-français que l’exécution de Riel avait exaspérés.

M. Mercier parcourut toute la province de Québec qu’il enflamma au souffle de sa parole si chaude, si patriotique, si éloquente ; il prit part à une centaine d’assemblées convoquées sur tous les points de la province. Et partout, sa parole vibrante provoqua un immense enthousiasme. On se serait cru reporté aux jours où Papineau, revendiquant nos libertés attirait au pied des tribunes populaires tous les vrais patriotes. Le parti National avait fait des efforts surhumains pour remporter la victoire ; le 14 octobre son travail, ses efforts étaient récompensés par un succès immense. La province avait donné la majorité aux patriotes qui avaient dénoncé avec tant d’éloquence l’exécution de Riel.

Le gouvernement Ross se cramponna au pouvoir pendant de longues semaines ; il espérait toujours détacher quelques députés, mais la phalange nationale resta intacte, solide, jusqu’à la fin. Les journaux favorables au gouvernement criaient sur tous les tons que celui-ci était sorti victorieux de la bataille pour le justifier aux yeux du Lieutenant-Gouverneur,