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SOUVENIRS POLITIQUES

que jamais dans aucune circonstance, je n’avais désespéré de l’avenir du Canada-Français.

« Non, je n’en ai jamais désespéré parce que je connaissais notre peuple.

« Aux heures des défaites les plus dures, les plus inattendues, je me suis toujours dit, — cela a été ma force, ma consolation et mon espérance — que le peuple canadien-français était essentiellement composé de braves gens et d’honnêtes gens : ils peuvent être trompés par de fallacieuses promesses, la tourbe des politiciens qui vit autour du pouvoir peut les égarer par des menteuses démonstrations, mais le cœur du peuple est sain.

« La bonne cause, c’est la cause de la patrie, c’est la cause de l’autonomie provinciale, c’est la cause pour laquelle nos pères ont combattu, la cause des patriotes de tous les temps, la cause de ceux qui veulent que la province de Québec ne soit pas une province serve, qu’elle se gouverne elle-même, d’après la volonté de ses habitants.

… « Il y a une question qui domine toutes les autres : nous voulons tous que notre province soit respectée ; nous voulons que tous ses droits civils et religieux soient maintenus ; nous ne voulons pas être la risée de la Confédération. Il y a trois jours, le Mail parlant de je ne sais quel projet de ministère confié à M. Taillon, disait dédaigneusement : « Rien