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SOUVENIRS POLITIQUES

campagne vraiment merveilleuse qu’il venait de faire, avait singulièrement préparé le terrain pour la nouvelle lutte qui allait s’engager. Le parti libéral si longtemps et si souvent défait dans notre province pouvait maintenant marcher le front haut et faire face à ses adversaires. M. Mercier avait à cœur que M. Laurier sortit victorieux de cette bataille ; il y employa toute l’influence dont il disposait ; il ajourna même la date de son départ pour un voyage en Europe afin de lui prêter main forte. Cette conduite de M. Mercier avait un double but : le premier, c’était de donner la victoire à son ami Laurier : le second c’était de s’assurer le concours de celui-ci pour le moment où il demanderait l’augmentation du subside fédéral qu’il avait en vue.

Dans cette campagne électorale le hasard me jeta comme candidat dans Montmorency contre feu M. P. V. Valin. Je n’avais jamais songé à entrer dans l’arène fédérale, si bien que j’étais à faire la bataille pour feu M. Henri Duchesnay dans le comté de Dorchester quand un télégramme me rappela soudainement à Québec. M. Laurier me pria de me porter candidat contre M. Valin. J’hésitai un peu vu qu’il restait peu de temps pour préparer l’élection ; mais, je finis par céder au désir de mon chef, sans toutefois conserver un grand espoir de succès. Je fus élu par une