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SOUVENIRS POLITIQUES

Fillion et la conversation roula, bien entendu, sur l’élection. On lui montra le chiffre de la votation qui accusait un partage égal de votes à St-François. « C’est une erreur, dit-il, M. Langelier a obtenu une voix de majorité, et j’en suis bien sûr puisque j’étais son représentant dans le bureau de votation. » Cette nouvelle causa un vif émoi parmi les amis qui se trouvaient chez Fillion ; ils sortirent de la maison en poussant des hourrahs formidables. Quelques minutes après le pavillon bleu qui avait été hissé chez le chef des conservateurs descendait piteusement, ce qui augmenta l’espoir de mes amis. Au bout d’une demie heure, voilà les voitures qui arrivent à la porte de ma demeure, les chevaux sont couverts de rubans rouges et nous voilà partis triomphalement pour Québec. Le long de la route, la procession grossit toujours. Mes adversaires qui avaient célébré leur victoire la veille au soir étaient tout ahuris de notre triomphe qui gâtait joliment leur joie du jour précédent. En arrivant à Québec, cette bonne population de St-Roch me fit une de ces ovations si chaudes, si sympathiques dont elle a seule le secret. J’arrivais après les autres comme ces soldats de Napoléon au retour de la campagne de Russie, qui avaient survécu au froid et aux misères de toutes sortes. Je venais de conquérir de nouveau ce comté de Montmorency