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SOUVENIRS POLITIQUES

auquel j’avais appris l’évangile libéral en 1878.

Nous avions été vaincus dans le pays, mais la province de Québec avait donné une belle majorité à M. Laurier.

Mon élection avait été une surprise générale pour tout le monde ; mes amis n’avaient guère compté sur Montmorency et mes adversaires étaient sûrs que M. Valin serait élu. Je me trouvai dans un grand embarras. Tous ceux qui avaient voté pour moi s’empressaient de me féliciter en me disant d’un petit air protecteur : « Vous savez que c’est à moi que vous devez votre élection. » Fort bien pour ceux qui avaient réellement voté pour moi, mais la chose la plus renversante, c’est que j’en ai rencontré un — un adversaire politique — qui prétendit que c’était lui qui m’avait donné la majorité.

— « Comment cela, lui demandai-je ?

— « C’est tout simple, j’ai été empêché d’aller enregistrer mon vote contre vous ;

— « Allons donc ! lui repondis-je, il y en a au moins cent cinquante dans votre cas. J’ai assez à remercier ceux qui m’ont donné leurs suffrages sans être tenu d’avoir de la reconnaissance à ceux qui n’ont pas pu me faire battre.

L’hon. M. Blake qui était alors le chef du parti m’envoya un télégramme conçu en ces termes : « I congratulate you upon your uni-