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SOUVENIRS POLITIQUES

l’un des deux grands partis qui se disputent la prédominance au Canada. Nous voyions dans l’élévation de M. Laurier au commandement suprême autre chose que la partie politique ; à nos yeux, c’était une sorte de glorification nationale, un hommage rendu à notre race dans une de ses manifestations les plus remarquables.

M. Laurier avait mis dans son acceptation une condition toute chevaleresque ; il avait accepté à la condition de céder le pas à M. Blake dès que sa santé lui permettrait de reprendre le poste qu’il avait occupé avec tant d’honneur pour lui et pour son parti. En cela, il donnait une preuve de dévouement à ses associés politiques en même temps que d’une modestie bien faite pour lui concilier le parti tout entier. M. Laurier, à l’instar de M. Blake donna raison au vieux proverbe qui dit que « l’homme que l’honneur recherche est digne de l’honneur. » Nous verrons qu’il se montrera un chef remarquable et qu’il conduira son pays et son parti à de grandes destinées.

C’est aussi vers ce temps là que l’hon. M. Rodrigue Masson, lieutenant-gouverneur de la province, abandonna sa position pour des raisons de santé. Cette succession fit naître de nombreuses convoitises. On mentionna d’abord les noms de Sir Hector Langevin et