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SOUVENIRS POLITIQUES

laquelle notre religion est professée avec plus de sincérité, et pratiquée avec plus d’éclat, je crois pouvoir parler ainsi en connaissance de cause, étant professeur de droit publique ici même, à l’Université Laval, et ayant comme tel étudié le droit public des autres pays.

Telle étant la position de la province ecclésiastique de Québec, et connaissant la bonté que le Saint Père a toujours montré aux catholiques de ce pays, je prends la liberté d’appeler l’attention de Votre Éminence sur l’opportunité d’élever au rang de prince de l’Église le vénérable évêque de Québec, en ce moment à Rome, La pourpre cardinalice ne pourrait certainement pas tomber sur des épaules plus dignes de la porter. Mgr Taschereau appartient à l’une des familles les plus anciennes et les plus distinguées de ce pays. Plusieurs de ses parents ont occupé et occupent encore des positions élevées dans le gouvernement, dans la magistrature et dans l’Église. Mais, ce qui est plus important pour un évêque, c’est un homme dont la science et le talent ne sont égalés que par sa piété et sa sagesse.

La démarche que j’ose faire en ce moment est peut-être téméraire, mais je prie Votre Éminence de croire qu’elle ne m’est pas inspirée par l’idée d’indiquer au Saint Père ce qu’il a à faire, mais qu’elle m’est dictée par la conviction que, comme premier magistrat de la capitale politique de la province de Québec, une des villes les plus catholiques de l’univers, il est de mon devoir de faire connaître au Saint Siège ce que je crois être dans l’intérêt de la religion à laquelle je me fais gloire d’appartenir. Je crois sincèrement que l’élévation de notre digne archevêque à la dignité de Prince de l’Église ferait un grand bien à la cause catholique en ce pays. Et, non seulement la minorité protestante et le gouvernement britannique ne verrait pas la chose d’un mauvais œil, mais je suis sûr qu’il la considérerait comme un honneur pour une partie de l’empire bri--