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SOUVENIRS POLITIQUES

Conclusions.

Tels sont, en résumé, les résultats auxquels ont conduit les études techniques faites jusqu’à ce jour pour l’importante entreprise du pont de Québec.

Permettez-moi maintenant, Monsieur le Premier Ministre, de vous communiquer quelques observations personnelles sur les divers projets soumis.

Il résulte d’abord des études dont je viens de parler qu’il est possible de jeter un pont sur le Saint-Laurent à l’un quelconque des emplacements qui ont été étudiés. Ceux-ci offrent, il est vrai, au point de vue de l’exécution de l’ouvrage, des difficultés plus ou moins grandes ; mais enfin, grâce aux moyens puissants dont l’industrie dispose aujourd’hui, tous les projets soumis sont parfaitement réalisables. Les plus grandes portées proposées pour la superstructure ont déjà été atteintes au pont du Forth et la grande profondeur à laquelle descendraient sous les eaux les fondations des piles d’un pont devant Québec, tout en présentant des difficultés énormes, et des dangers très grands pour les ouvriers, n’est pas regardée par les constructeurs modernes comme un obstacle insurmontable. Pour les fondations des ponts de Saint-Louis et de Brooklyn, aux États-Unis, on a travaillé à 115 pieds de profondeur à l’air comprimé. Dans le fameux projet de Pont sur la Manche, entre la France et l’Angleterre, projet qui a été étudié jusque dans ses moindres détails par des autorités en la matière : MM. Schneider et Cie, du Creusot, et M. Hersent, constructeur français, avec le concours des ingénieurs anglais, Sir John Fowler et M. Benjamin Baker, auteurs du pont du Forth, on compte pouvoir établir, au moyen de l’air comprimé, des fondations à une profondeur de 180 pieds sous les eaux.

Après ces considérations sur la praticabilité des divers projets soumis pour le pont de Québec,