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SOUVENIRS POLITIQUES

c’est une erreur d’entrer au début de sa carrière dans l’arène politique, cette fournaise comme Chapleau l’a un jour appelée. On ne possède encore ni les connaissances, ni l’expérience nécessaire pour jouer un rôle ; et, cette vie si agitée, si passionnante, entourée des nombreuses distractions qui en sont le cortège inévitable éloigne de l’étude. La politique est une science comme les autres qu’il faut étudier, qu’il faut apprendre. C’est Gambetta qui a dit d’elle :

« Ne vous fiez pas aux mots, ne croyez pas que la politique est purement l’exercice de quelques facultés oratoires et de combinaisons dans les couloirs et les bureaux. Ainsi comprise, elle n’est bonne que pour les comédies parlementaires, mais permettez-moi de le dire : il n’est pas au monde de science, ni d’art (car elle a ces deux caractères) qui exige plus de travail, de connaissances, d’observation, plus d’efforts continus et persistants. Est-ce qu’elle n’a pas pour devoir de s’enquérir de tout, d’être prête sur tout ? Est-ce qu’il peut dans une branche quelconque de l’activité humaine se produire un progrès, une réforme qui la laisse indifférente, qui ne l’oblige pas à changer ses combinaisons, à modifier ses vues, ses programmes, son action, ses entreprises ? La politique, on en fera de la bonne que quand on reconnaîtra qu’elle a besoin du concours de