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SOUVENIRS POLITIQUES

malgré ces paiements le subside n’avait pas encore été payé au mois de décembre suivant. Grâce à ce retard M. Angus, l’associé de Goff fut mis en faillite. Enfin, poussé à bout, ce dernier décida d’exposer au public les extorsions dont il avait été la victime. Il terminait en disant que l’ex-gouvernment était « un régime de corruption qui avait ruiné les ressources du peuple de cette province sous le nom jadis respectable de conservatisme, nom que les ex-ministres ont voulu avilir et dégrader par tous les moyens possibles. »

M. Baker publia une dénégation de ces accusations, mais Goff lui répliqua en citant la liste des effets qu’il lui avait expédiés par express, savoir le sleigh, le harnais, le diamant, etc., etc.

Ces révélations corroboraient la déclaration faite au Lieutenant-Gouverneur par M. DeBoucherville, à savoir que la majorité parlementaire de la dernière Assemblée Législative était contrôlée par des rings ou combinaisons de députés payés par diverses compagnies de chemins de fer.

Les journaux et les candidats libéraux s’emparèrent de ces révélations et en firent un usage considérable contre leurs adversaires.

Les élections eurent lieu le premier mai et donnèrent la majorité au cabinet Joly. Trois