Page:Langlois - Le couronnement de Louis.djvu/163

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saisi, esbaïz, amis, matin, requis, plevit, merci, plaisir.

Laisse lx : marchis, mis, menti, pris (l. prehensum), venir, dit, forbi, Denis, fis, Arrabi, vis (l. vivus), vis (l. visum), Paris, Aimeri, ami, tenir, maleïr, ici, traïr, tolir, beneïz, requis, paradis, altresi, traisist, piz, ferir, forbiz, voltiz, desmentir, sofrir, esclis, pris (l. pretium), croissir, venir, cheïr, sailli.

On remarquera dans cette nomenclature :

1° Les mots pri (preco, v. 1698) et piz (pectus v. 2539). Dans ces deux mots l’i provient de la triphtongue iei ══ è + j venant de c. La réduction de cette triphtongue n’a pas été la même dans toutes les régions. Dans l’Ouest, dans le Sud-Normand, dans le Maine, l’Anjou, la Touraine, iei de è + palatale s’est contracté en ie, ei ; dans la Normandie du N.-E. et surtout sur la rive droite de la Seine, dans l’Île-de-France, elle s’est contractée en i. Le Roland n’admet pas dans ses assonances en i venant de ī latin des mots comme pri, piz, dont l’i vient de ĕ latin plus une palatale devenue j. Il n’en est pas de même de la triphtongue iei provenant de ē latin précédé d’un j, comme dans merci de mercedem ; merci assone régulièrement dans le Roland avec les mots en i de ī latin. La présence du mot merci dans nos assonances ne nous apprend donc rien, mais celle des mots pri et piz prouve que notre poème n’appartient pas aux dialectes occidentaux.

2° Les deux formes mi (v. 1699), cheïr (v. 2553) appartiennent encore aux régions de l’Est et du Nord-Est.