Page:Langlois - Le couronnement de Louis.djvu/168

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Dans cette série, 2 mots seulement n’ont pas l’o suivi d’une nasale : boche (v. 1922), reproche (v. 1930). Appartiennent-ils à l’original ou ont-ils été introduits postérieurement dans le texte ? Le mot boche se trouve dans A et B, mais il est corrigé dans C, qui, au lieu du vers :

Dont la cervele li espande en la boche,


donne le suivant, assez difficile à expliquer :

Dont la cervele desrouge jusqu’a l’ongle.

Le mot reproche ne se trouve que dans A ; ce mot a peut-être choqué B, qui a supprimé le vers ; C le remplace par vergoigne, et au lieu des deux vers :

Ge l’ocirai ainceis a molt grant honte
Que tuit si eir en avront grant reproche,


il donne :

Jou l’ocirai a molt plus grant vergoigne
Si que li oir en avront après honte

Si, dans le premier cas, on préfère la leçon de C à celle de A B, on devra en faire autant dans le second cas et on aura une assonance féminine en o nasalisé pure ; si, au contraire, on admet le mot boche, on admettra aussi le mot reproche, et on en concluera qu’à l’époque où vivait le trouvère la nasalisation de l’o, dans les terminaisons féminines, était encore incomplète ou au moins toute récente. Une raison qui milite en faveur de A contre C est qu’on ne comprend pas pourquoi A aurait remplacé ongle par boche, vergoigne par reproche tandis que les corrections de C