Page:Langlois - Le couronnement de Louis.djvu/169

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s’expliquent facilement par le désir, chez le remanieur, de moderniser l’assonance.

Enfin, dans cette assonance, je signalerai les deux premières personnes du pluriel demandomes (v. 1918), destruiromes (v. 1919). Dans son introduction à la Vie de saint Alexis, M. Gaston Paris dit que la forme en omes est spécialement picarde, mais depuis il a reconnu qu’elle se rencontre aussi dans des textes du centre [1]. Du reste, la forme la plus usitée dans notre poème, comme le prouvent l’assonance en on et la mesure des vers, est celle en om ou en ons ; c’était certainement celle du trouvère, et les deux terminaisons omes que j’ai citées sont dues à l’influence littéraire ou au contact des dialectes voisins.

XV. — u. L’assonance masculine en u compte 83 vers, en 2 laisses, xx, xxix. Son étude n’offre aucun intérêt. Le vers 1199 se termine par le mot un, mais l’u suivi d’une nasale a rimé très longtemps avec u pur ; c’est seulement vers le xvie siècle qu’il a été nasalisé.

J’ai indiqué pour chaque voyelle en particulier comment elle se comporte dans notre poème devant la nasale. Voici en résumé ce que j’ai constaté :

a et e sont complètement nasalisés, mais ce fait n’apprend rien sur l’âge ni sur le dialecte du poème,

  1. Conférence de M. Gaston Paris à l’Éc. des H.-Études (1880-1). — Dans l’Introduction de Raoul de Cambrai, M. P. Meyer dit : « Ces formes, qu’on a crues longtemps picardes, paraissent étrangères à la Picardie, mais on les rencontre un peu plus à l’Est, à partir de Tournai environ, toujours dans la région du Nord. » (Raoul de Cambrai, p.lxxj. Pub. de la Soc. des A.-T.)