Page:Langlois - Le couronnement de Louis.djvu/182

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Et tels alsi qui ne li tint neient,
Com vos orrez ainz le soleil colchant (v. 2639-2641).

Il est en effet peu admissible que dans cette annonce l’auteur n’ait eu en vue que le récit abrégé que nous avons.

Celui qui a réuni ces diverses branches en un seul poème était un homme fort médiocre. En beaucoup de cas, naturellement, il est difficile de décider si l’idée ou l’expression est de lui ou de l’auteur original, mais aussi dans d’autres on reconnaît incontestablement les traces de sa main maladroite. Des vers répétés dans les différentes branches ne peuvent être que de lui, ou du moins ont été introduits par lui, et ces vers sont généralement les plus mauvais de l’ouvrage. Il a laissé les contradictions les plus choquantes dans les diverses parties. Par exemple, à la fin de la première branche, quand Guillaume quitte la cour d’Aix pour se rendre à Rome, le remanieur oublie absolument que, d’après la première branche, en même temps que Guillaume, le pape se trouvait à Aix, où il était venu pour le couronnement de Louis. Dans la première branche, la cour siège à Aix ; dans les autres, Louis est le roi de Saint-Denis, ou de Paris. À la fin de la seconde branche, le vainqueur de Corsolt est sur le point d’épouser la fille de Gaifier ; mais ce vainqueur prenant dans le remaniement le nom de Guillaume au Court Nez, le mariage devient gênant, puisque dans la poésie la femme de Guillaume est la belle Orable ; le remanieur sort de cet embarras avec un vers :

Trestot aveit entrobliee Orable.