Page:Laprade - Les Symphonies - Idylles héroïques, Lévy, 1862.djvu/318

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LES FONTAINES


La source, au pied du mont natal,
A l’abri du moindre zéphyre,
Comme un grand disque de cristal
Dans un cadre vert de porphyre,

Sous le chêne au feuillage noir,
Fraîche au milieu d’un air torride,
La source étale son miroir
Comme un acier pur et sans ride.

L’azur sombre en est si profond,
Si bien clos dans son lit de roche,
Qu’effrayé de ce puits sans fond
Jamais le chevreuil n’en approche.

Que sert le transparent bassin,
Si le cygne au long cou d’ivoire
Ne doit s’ébattre dans son sein,
Et si la biche n’y vient boire ?

Il attend de voir, à genoux
Sur la mousse qui l’environne,
Un couple aux yeux chastes et doux
Que le myrte amoureux couronne.

Ensemble ils viennent s’y pencher,