Page:Laroche - Fould - L Enfer des femmes.pdf/265

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parlerons jamais de cela ; il me faut de la force, et plusieurs journées comme celle-ci me l’ôteraient. Quand une fois la douleur s’est fait jour par les lèvres, elle tente toujours de s’échapper par là.

— Pleure, dit Lydie dans la plus grande agitation, pleure, je n’ai rien à te dire que cela ; pleure. Où sommes-nous ici bas !…

— Sur la terre, au milieu du bien et du mal, et non dans un paradis, voilà tout.

— Nous sommes, non sur la terre, mais dans un enfer.

— Oui, un enfer qui rit, qui danse, et dont nous seules ressentons les douleurs. Ce sont les autres qui péchent, et nous qui souffrons.

— Mais pourquoi faut-il que ceux qui se traînent dans cette fange viennent nous salir de leur contact ? Tout à l’heure, si j’obéissais aux lois de la société, il me faudrait donner la main à ton mari. Oh ! jamais !

— Il le faut pourtant, sans cela tu me perdrais.

— Que deviens-tu ? Je te croyais droite et fière comme moi ; tu acceptes toutes ces horreurs, tu te reproches même ta douleur !

— Que veux-tu que je fasse ? Qu’aurais-tu fait à ma place ?

— Je ne me résignerais pas comme toi. Il est juste d’accepter les maladies, les infirmités, la mort, enfin