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plusieurs caps importants. Vers l’extrémité sud-ouest, le Land’s-End, le cap Lizard ; les côtes au nord du Pas-de-Calais présententdeux autres caps : le Sùuth-Foreland et le NorlhForeland. Le cap Flamboroun, à l’entrée du golfe de Mumiy ; le Kinnairdrs-llead, le Duncasby-Head et le Dunnet-IIead, enfin le cap Wrath, qui s’avance entre les Hébrides et les Orcades.

De nombreuses baies, plusieurs golfes, découpent les côtes de ce pays. Parmi les golfes nous citerons celui d’Exeter, au midi ; a l’est, l’enfoncement sablonneux où se jette la Tamise ; le "H Wi, l’échancrurc par laquelle l’Humber se jette dans l’Océan ; les golfes d’Édimbourg, de Tay, de Murray et de Dornoch ; sur la cote occidentale, ceux de Clydc, da Sotway ; la baie de Cacrnarvon, celle de Cardigan, et enfin le canal de lirislol.

Les montagnes de la Grande-Bretagne forment un système auquel se rattachent celles de toutes les îles Britanniques. Elles composent trois groupes : le premier, situé au nord, est formé par les hauteurs de Cailhncss et de YInverness ; le second se compose des monts Grampians et d’autres «îontagnes qui se terminent au golfe de Porth et à celui de Clyde ; le troisième comprend les monts Cheviot et toutes les aspérités qu’on rencontre dans le pays de Galles et dans la partie méridionale de l’île. La (dus grande élévation du premier de ces groupes est de soo mètres ; celle du second est de 1,300 mètres ; enfui le point culminant du troisième, le Snowdon, ne dépasse guère 1,100 mètres. Ces différents groupes de montagnes partagent l’Angleterre, sous le rapport hydrographique, en huit bassins peu considérables. Dans le versant de la mer du Nord : ° le bassin de la Tweed, situé partie en Écosse, partie en Angletere ; 2" le bassin de la Tees, où l’on trouve les petites rivières de Coquet et de Tync ; 3° le bassin de YHumber, fleuve formé par la réunion de YOusà et du Trenl : dans ce bassin coulent aussi le Glen, qui se iette dans leHW ; la Dérivent et YAyr, qui se jettent dans ï’Ouse ; 4<> le bassin de la lamise, fleuve formé par la réunion de la Thames et de YJsis : dans ce même bassin nous remarquons encore les petites ri vières de Yare et de S tour ; 5» dans le versant de la Manche, le bassin de Y Avon, rivière sans affluent important ; G° dans le versant de la mer d’Irlande, le bassin de la Nith, rivière située en Écosse et ayant son embouchure dans le golfe de Sohvay, qui reçoit aussi YEden ; 7° le bassin de la Dee, dans le pays de Galles, arrosé aussi par la Hibble, le Wever et la Mersey ; enfin fi° le bassin de la Savent, le plus grand fleuve de l’Angleterre. Les affluents de la Savern sont : le Liddon, à droite, et le Stour, à gauche. Ce bassin est encore arrosé par la T’omet la Wye.

Dans l’Angleterre proprement dite, les lacs sont d’une faible étendue ; le plus considérable est celui de Derwent, long de 4 kilom. et large d’environ 1,500 mètres ; ses bords enchanteurs et les agitations violentes que présentent ses eaux sans cause apparente attirent un grand nombre de curieux.

Jetons maintenant un coup d’œil rapide sur l’aspect général de l’Angleterre proprement dite, nous esquisserons ensuite sa constitution géologique.

La partie septentrionale est la plus montagneuse ; la direction des monts qui la sillonnent est du nord au sud. Ces montagnes appartiennent surtout au Northumberiand t au Cumberland et à l’Yorkshiro ; leurs ramifications se prolongent dans le ? ; omtés de Lancastro, de Durham, de Derby et de StaiTord. À l’ouest des montagnes Pennines s’étend la plaine Cambrienne, sur une superficie de 30,000 acres, d’un terrain très-léger et sablonneux. Au sud de la rivière Coquet s’étendent

; considérables, qui occupent presque

Northumberiand et quelques parti

; omtés de Durham et de York. Le

le tiers du Northumberiand et quelques partie des comtés de Durham et de York. Leur étendue varie de 10 a 30 milles ; ils sont situés à iso et à 300 mètres au-dessus du niveau de la mer. Dans le Yorkshire, ces marécages sont coupés de grandes vallées contenant des espaces considérables de terre arable.

L’Angleterre intermédiaire présente une série de vallées et de plaines, parmi lesquelles nous citerons celles du Cheslure, de Worcester, d’Evesham, de Gloucester et de. Berkeley. La vallée de la Savern forme un des plus fertiles districts de l’Angleterre, sur une longueur de 120 milles en ligne droite. De nombreux canaux traversent cette région Centrale, qui, à cause de son peu d’élévation, est exposée aux inondations. Des digues et autres ouvrages hydrauliques ont été construits dans ces prévisions. Le long de la mer du Nord, entre Louth et Burgh, s’étend une forêt sous-marine, visible à marée basse.

La partie méridionale, située au sud de la Tamise et du canal de Bristol, présente un sol productif et bien cultivé ; la plaine de Chichester surtout est caractérisée par un haut degré de fertilité. L’extrémité orientale, entre Douvres et FolUestone, est haute et crayeuse. Le reste de cette région, qui s’incline progrèssivement vers le sud-ouest, est distribuée en plusieurs vallées larges et longues, parmi lesquelles quelques-unes, notamment celle de Tone, rappellent les plaines plantureuses de la Normandie.

La partie occidentale de l’A ngleterre, le pays de Galles compris, est la plus raboteuse et la plus escarpée ; quelques contrées d’un aspect

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triste et désolé rappellent la Bretagne ; cependant, celle qui remonte de la baie de Cardigan vers les montagnes, au nord de la petite rivière Ystwith, est citée pour la beauté et le pittoresque de ses sites, et le pont du Diable attire un grand nombre de voyageurs.

La constitution géologique de l’Angleterre offre un très-grand intérêt, en ce sens qu’elle renferme des roches de tous les âges. La houille et l’ardoise sont les productions minérales les plus importantes de l’île ; au nord comme au sud, les mines de fer et de plomb sont également nombreuses ; celles de cuivre et d’étain s’étendent vers le sud-ouest. Sur toute la côte occidentale on trouve des schistes ardoisiers, tandis qu’un vaste dépôt de marne rouge et de grès entoure au sud et a l’est d’immenses amas de houille. Nous donnerons une idée assez exacte des richesses colossales de ce pays en disant que le bassin de Newcastle seul fournit annuellement 3,700,080 tonnes ou 37 millions de quintaux métriques de houille. Plus do 200 millions de francs sont engagés comme capitaux dans cette exploitation, qui occupe environ 18,000 personnes. La quantité de fer exploité en Angleterre s’élève à plus de 1 million de tonnes, d’une valeur de prés de 100 millions de francs ; 225,000 ouvriers sont employés à extraire et à trans-Sorter le minerai ; un nombre a peu prés égal e personnes travaillent dans les hauts-fourneaux, les forges et les laminoirs. Depuis l’Humber jusqu’à l’embouchure de la Savern s’étend, du nord-ouest au sud-est, une longue bande de marne bleue appelée lias par les Anglais. Une bande parallèle de calcaire à polypiers et de calcaire oolithique, une autre de marne bleue, sont suivis jusqu’à la Manche par desbancs sableux ùe glaucome, par la craie, l’argile plastique et des terrains analogues à ceux du plateau parisien.ee qui prouve d’une manière à peu près certaine la réunion primitive de la GrandeBretagne au continent.

Dans les temps les plus reculés, l’Angleterre, comme l’Amérique septentrionale, était couverte de forêts vierges ; les glands, les pommes, les baies sauvages, étaient la nourriture des habitants. Les plantes et les animaux les plus utiles furent plus tard importés du continent. L’ours, le loup, les sangliers, vivaient paisiblement dans ces forêts ; les cerfs et les taureaux sauvages parcouraient les bois et les étangs. Vers le xie siècle, les loups et les oursfurent détruits ; on rencontre encore dans les bois des sangliers, des cerfs et des daims conservés pour le plaisir des grands ; le renard, le lièvre et d’autres gibiers se trouvent dans les chasses réservées. Les chèvres sont presque un objet de curiosité en Angleterre, mais elles abondent dans le pays de Galles, où elles sont à l’état sauvage ; les habitants du pays les chassent avec ardeur. Les animaux domestiques sont, en Angleterre, l’objet d’un très-grand soin ; on connaît ce chien au museau gros et court, au nez retroussé, au poil ras et zébré, ce bull-dog (canis molossus) renommé pour sa force et sou courage ; le cochon domestique, croisé avec le porc d’Indo-Chine, a fourni aux Anglais une race fort estimée ; les bœufs, les moutons, et surtout les chevaux de ce pays, sont connus dans le monde entier. Presque tous les oiseaux du continent se trouvent en Angleterre, et il y a peu de pays en Europe aussi favorisé par la nature en poissons d’eau douce et d’eau de mer.

L’Angleterre, surtout dans la partie septentrionale, renferme de vastes forêts de chênes et de sapins ; les arbres fruitiers y donnent de beaux produits ; mais si le sol se montre favorable à la croissance des végétaux, l’état de l’atmosphère est souvent un obstacle à leur maturité ; ainsi la pluie et les brouillards viennent y détruire l’espérance, trop tôt fondée sur l’apparence, d’une riche récolte. Néanmoins les pâturages sont plantureux, les céréales de toute sorte abondent, et les fruits des climats tempérés ne font point défaut. Terminons ce rapide aperçu des richesses minérales, animales et végétales, en disant que la propriété foncière en Angleterre étant très-peu divisée, ■et le sol appartenant à quelques milliers de propriétaires, la culture en grand y applique aisément toutes les inventions dont l’industrie agricole s’est enrichie depuis quelques années ; aussi est-il peu de pays aussi bien cultivés que l’Angleterre.

Située presque au milieu de la zone tempérée, l’Angleterre possède les avantages inhérents a sa position géographique. Les rigueurs de l’hiver et les chaleurs desséchantes de l’été s’y font sentir avec beaucoup moins d’intensité que dans les pays du continent placés sous les mêmes parallèles ; les vents de mer y tempèrent les saisons les plus opposées, mais les variations de la température sont subites et fréquentes. L’air y est humide, et les journées pluvieuses dominent. Au commencement de ce siècle, la population de l’Angleterre, du pays de Galles et do l’Écosse n’était que de 10 millions et demi ; le recensement de 1851 a donné le chili’re de 21 inilions. (Pour l’industrie, l’organisation sociale, le gouvernement, la constitution, l’armée, la marine, l’organisation financière, le caractère, etc., V. ci-après.)

Le territoire de l’Angleterre proprement dite est divisé en quarante-trois comtés ou shires, dont nous donnons ici les noms, la superficie et la population.

Noïa. Dans la transformation des acres en kil. carrés, nous avons négligé les fractions.

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provinces. C c’est à’-dir^en*’ kil. 1851. mesure légale, carrés.

Bùdford 295,582 ou i,200 121,478

Berks 450,358 — 1,800 170, OC5

Buckinsham 464,930 - 2,000 163,723

Chester..°. 707,078 — 2,800 ’ 435,72, ",

Cornwall 873,000 — 3,400 355,558

Cumberland 1,001,273 — 4,100 195,492

Derby 658,803 — 2,700 296,084

Devon 1,057,180 - 6,500 567,008

Dorset 632,023 — 2,000 184,207

Durham 622,476 — 5,500 390,997

Esses 1,060,549 — 4,300 369,318

Gloucester 805,102 — 3,200 458,805

Hereford 534,823 — 2,200 115,459

llcrtford 391,141 — 1,700 167,298

Hunlin^don 230,865 — 1,000 64,183

Kent 1,041,479 — 4,200 615,706

Lancaster ’. 1,219,221 - 4,900 2,031,230

Leicester 514,164 - 2,000 " 230,308

Lincoln 1,776,738 - 7,200 407,222

Middlcsex 180,168— 700 1,880,570

Monmouth, . 308,399 — 1,600 157,418

Norfolk 1,354,301 — 5,100 442,714

Northampton 630,358 — 2,500 212.380

Northumberiand 1,219,299 — 5,000 • 303,568

Nottingham 520,070 — 2,100 270,427

Oxford 472,387 — 2,000 170,430

Rutland 95,805 — 400 22,933

Salop, ... 826,055 — 3,000 229,341

Somerset 1,047,220 — 4,000 443,910

Southampton 1,070,216 — 4,400 405,370

StaiTord 728,408 — 2,900 603,716

Suffolk 947,681—3,800 337,215

Surrey 478,792 - 2,000 683,082

Susses 934,831 — 3,700 336,844

Vorwick 563,946 - 2,400 473,0 !3

Westmoreland 485,432 — 2,000 58,287

Wilts 805,092 — 3,360 231,221

—Worcesler 472,165 — 1,900 276,926

York, East Riding... 708,419 - 2,900 220,983

York, City 2,720 — 110 36,303

York, North Riding. 1,350,121 — 5,100 215.2H

York, Wesl Riding.. 1,708,026 — 6,900 1,325,495

Totaux... 32,036,945—130,210—10,913,878

Colonies et possessions anglaises. En Europe, l’Angleterre possède Gibraltar, Héiigoland et Malte. — En Asie : Aden, Ceylan, Hon-Kong (en Chine), l’Indoustan et l’Inde transgangétique. — En Afrique : Ascension, cap de Bonne-Espérance, Côte-d’Or, Fernando-Po, Gambie, Côte de Natal, Sainte-Hélène, Sierra Leone et Maurice. — En Amérique : le haut et le bas Canada, le Nouveau-Brunswick, Labrador, -Nouvelle-Écosse et Cap-Breton, Terre-Neuve, Colombie, Antigua, Barbade, la Dominique, Grenade, Jamaïque, Montserrat, Nevis, Saint-Christophe, Anguille, Sainte-Lucie, Saint-Vincent, Tabago, Tortola et îles Vierges, Trinité, Bahama, les Bermudes, Guyane, Honduras, les Malouines ou Falkland, Turques et Laïques. — Dans. l’Océanie : l’Australie occidentale, Australie méridionale, Nouvelle-Galles du Sud, Nouvelle-Zélande, Terre de Van-Diemen, Victoria, Queen’s land, Labuan.

— II. Hist. Un historien anglais, Geoffroy de Monmouth, raconte que quelque temps après la destruction de Troie, un arrière-pelit-fils d’Enée, nommé Brutus, amena dans la Grande-Bretagne une colonie de Troyens fugitifs, et que telle est la première origine du peuple qui tut connu plus tard sous le nom de Bretons. Mais ce n’est là qu’une légende qui ne mérite aucune confiance. Les mœurs des anciens Bretons avaient beaucoup d’analogie avec celles des Gaulois ; leur religion était la même, et leurs prêtres s’appelaient également druides ; ils avaient aussi des druidesses, qui plongeaient leur glaive dans le cœur des prisonniers de guerre et prédisaient l’avenir par l’observation du sang des victimes de ce barbare sacrifice. Lorsque Jules César eut achevé la conquête de la Gaule, il voulut s’emparer aussi de la Grande-Bretagne, et il y transporta des troupes, qui triomphèrent aisément des Bretons commandés par Cassivelaunus ; ceux-ci furent obligés de devenir tributaires des Romains et de donner des otages pour garantir leur soumission. Cependant le tribut ne fut jamais payé avec exactitude : Jules César fut obligé de faire une seconde invasion dans la Grande-Bretagne. L’empereur Auguste et Tibère, son successeur, songèrent aussi à venir châtier ce peuple, qut voulait toujours reprendre sa liberté dès que ses oppresseurs s’éloignaient ; Caligula fit contre eux une expédition ridicule, et l’empereur Claude en fit une plus sérieuse, à la suite do laquelle il laissa dans l’île un corps de troupes qui y éleva des forteresses et maintint quelque temps la domination romaine. Bientôt cependant les Bretons voulurent de nouveau secouer le joug de l’étranger, et leur roi Caractacus tint tête aux Romains pendant neuf ans.

Sous le règne de Néron, Boadicée, reine des Icéni (peuples du comté d’Essex), ayant été odieusement outragée par les soldats romains, excita un soulèvement général parmi les Bretons. Elle se mit elle-même a la tête d’une armée qui bientôt, dit-on, s’éleva à 230,000 . hommes ; elle s’empara de plusieurs places et ■s’avança jusqu’à Londres, qui était déjà l’une des positions les plus fortes occupées par les Romains. Paulus, général romain, accourut pour la défendre, mais voyant qu’il avait devant lui une armée si considérable, il n’osa pas engager la lutte et se retira sur un autre pomt.

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Londres fut brûlé, et tous les Romains qui s’y trouvaient passés au fil de l’épée. Enivrée de ces premiers succès, Boadicée osa s’avancer contre Paulus, qui s’était retiré dans une position très-avantageuse, avec les vingt mille soldats qu’il commandait. La lutte fut longue et sanglante ; mais la bravoure indisciplinée des Bretons succomba enfin devant la tactique exercée des Romains : quatre-vingt mille périrent sur le champ de bataille ; la reine et ses filles s’empoisonnèrent pour ne pas tomber vivantes entre les mains du vainqueur.

Malgré cet effroyable désastre, de nouvelles révoltes vinrent encore troubler la domination romaine, et plusieurs généraux furent envoyés contre les rebelles. Enfin Julius Agricola parvint a soumettre définitivement le pays, en joignant à la forcé des armes l’autorité plus puissante encore de la douceur et de la justice. Il étendit la domination romaine sur l’île presque tout entière, et la gouverna sous les règnes de Vespasien, do Titus et de Domitien. C est dans cet intervalle, vers la fin du n* siècle et sous le pontificat du pape Eleuthèro, que lu christianisme fit sa première apparition dans la Grande-Bretagne. Sous l’empereur Valentinien le Jeune, Rome, menacée par les barbares, rappela ses soldats et rendit aux Bretons leur indépendance complète. Bientôt attaqués par les Pietés et par les Calédoniens, peuples du nord qui n’avaient pas été soumis par les Romains, les Bretons mirent à leur tête Vortigern, qui crut devoir appeler à son secours les Angles et les Saxons. Les Pietés et les Calédoniens, ou Écossais, furent vaincus ; mais les Saxons firent payer cher leur appui ; Hengist et Horsa, leurs chefs, devinrent les oppresseurs du pays qu’ils étaient venus défendre ; Horsa périt dans une bataille, mais Hengist resté seul, après avoir fait couler des flots de sang, fonda le premier royaume saxon dans la Grande-Bretagne. Un grand nombre d’habitants, pour se soustraire à ce joug étranger, abandonnèrent leur île et se réfugièrent sur les rivages voisins de l’Armorique, où ils devinrent la souche des Bretons de !a Gaule. Six autres royaumes anglo-saxons se formèrent encore successivement dans la Grande-Bretagne, et les sept principautés constituèrent ce qu’on appelle lheptarchie saxonne. Les Bretons essayèrent plusieurs fois de reconquérir leur indépendance ; leur roi Arthur, dont les exploits ont été si souvent chantés par les bardes, fit des prodiges de valeur ; il défit les Anglo-Saxons dans douze batailles, et tua de sa propre main quatre cent quarante soldats ennemis, selon la tradition populaire, mais sans pouvoir parvenir à chasser les usurpateurs.

En 827, environ quatre cents ans après la première irruption des Anglo-Saxons, Egbert, roi de Wessex, réunit sous son sceptre les sept États qui composaient l’heptarchie, et fut couronné roi d’Angleterre. Peu de temps auparavant, le pape Grégoire Ier avait envoyé dans la Grande-Bretagne le missionnaire Augustin pour entreprendre la conversion des Saxons au christianisme, et les prédications du nouvel apôtre avaient produit les plus heureux résultats. Les dernières années du règne d’Egbert furent troublées par les incursions des Danois, qui parvinrent à s’établir dans l’île de Thanet. Ils pénétrèrent ensuite dans le cœur même de l’Angleterre, qui se trouvait menacée d’une ruine prochaine lorsque Alfred, petit-fils d’Egbert, fut proclamé roi a la mort de son frère Ethelred. Ce prince, qui mérita le surnom de Grand, eut d’abord bien des difficultés à vaincre ; mais après avoir montré un courage à toute épreuve dans une suite d’aventures extraordinaires, il parvint à chasser les Danois du pays, et il s’appliqua ensuite à rétablir la paix et la sécurité dans son royaume, à créer des lois pleines de sagesse, à répandre partout les lumières de la civilisation, l’amour de la justice, les bienfaits de l’industrie. Il mourut àC Oxford, l’an-900, après un règne de vingt-

... de bien remarquable sous . d’Alfred le Grand jusqu’au

. D l’Ethelred II, surnommé l’Irrésolu. Alors

les Danois, commandés par leur roi Sweyn ou Suénon, recommencèrent leurs incursions ; ils pénétrèrent jusqu’au centre du royaume et forcèrent le faible Ethelred à chercher mo- • mentanément un refuge en Normandie. Edmond, son fils, avait plus de courage ; mais les Danois étaient alors commandés par Canut le Grand, et tous les efforts qu’il fit pour défendre sa couronne furent vains. Le pays passa sous la domination danoise ; Canut se fit reconnaître, en 1015, comme roi de Danemark, de Norvège et d’Angleterre. Deux fils de Canut régnèrent successivement après lui. La couronne revint ensuite à Édouard, qui descendait des anciens rois saxons, et que sa piété fit surnommer le Saint ou le Confesseur. Comme ce prince mourut sans enfants, il eut pour successeur un descendant de Canut, nommé Harold ; mais le peuple, en proclamant celui-ci, ne respecta pas la volonté d’Édouard, qui, au dire de plusieurs historiens, avait laissé un testament par lequel il instituait Guillau duc de Normandie, comme héritier de royaume. Harold se rendit d’abord très-pop faite par une victoire qu’il rempoiJ~ ’ <r’"

, >pu- Sial- fleterre par son propre trere losti ; ma ientôt Guillaume de Normandie, s’appuyai du testament qu’Édouard avait fait en sa fa veur, descendit en Angleterre a !ft tète d’un