Page:Larousse - Grand dictionnaire universel du XIXe siècle - Tome 14, part. 4, Suj-Testadon.djvu/19

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naissent d’elles reçoivent le nom de kanoun sultanes ou princesses du sang.

On appelle sultane validé la mère du sultan régnant. La sultane validé jouit d’une considération particulière et exerce une grande influence sur la marche du gouvernement. V. SULTAN.

Sultane GrUemine (HISTOIRB DE LA), par

l’abbé de Voi^enon (1773). Ce conte fait suite au Sultan Misapouf et, dans l’édition de 1785, est même marqué comme sa seconde partie. C’est, en effet, la réponse de la sultane au sultan. Confidences pour confidences. Si le sultan a subi différentes métamorphoses, la sultane n’a pas mieux été favorisée du destin, et, si Misapouf a connu d’autres anneaux que celui de sa femme, Grisemine, de son côté, ne l’a pas attendu pour apprendre l’usage du sien. Quoique fort gai et fort amusant, ce second conte ne se soutient pas à la hauteur du premier, surtout comme originalité. L’auteur l’avouait lui-même en ces termes : « Je fais moins de cas de l’histoire de la princesse Grisemine que de celle du sultan Misapouf, et ce n’est pas ma faute si elle diffère de genre, de style et de ton. » Nous lui reprocherons en outre de se répéter. Ainsi, dans le Sultan Misapouf, le prince, changé en baignoire, découvre sous cette forme des charmes qui ne sont rien moins que charmants ; dans la Sultane Grisemine, la princesse, changée (horresco referens !) en vase de nuit, n’a pas lieu de se montrer plus enthousiasmée de ses découvertes. Nous noterons un passage assez singulier sous la plume d’un abbé. ■ Vous avez donc vu un capucin ? demande le sultan. Dites-moi, je vous prie, comment cela est fait ? — Seigneur, répond Grisemine, c’est une espèce d’animal qui tient le milieu entre le singe et l’homme, qui a autant d’orgueil que d’incapacité et qui pue le moine à faire vomir. — Diable I s’écrie le sultan ; ce portraitlà n’est pas appétissant ; il n’y a que l’orgueil qui puisse en faire la consolation ; car, lorsqu’on en a, on se passe de tout. » Néanmoins, la Sultane Grisemine, envisagée sans comparaison avec le Sultan Misapouf, qui lui fait tort par son voisinage, est un conte léger et spirituel, qui ne manque ni d’imagination ni de charme.

Sultane» (lks trois), comédie de Favart. V. Trois sultanes (tes).

SuLTANI s. m. (sul-ta-ni — rad. sultan). Métrol. Monnaie d’Égypte ; valant de 5 à fi francs. I) Monnaie de Tunis, dont la valeur est plus élevée d’un tiers. Il Monnaie d’Algérie qui valait 8 fr. 37.’,

SULTANIE s. f. (sul-ta-nl — rad. sultan). Géogr, Province gouvernée par un sultan : Sultanie de Damas, d’Alger.

SDLTANIÉH, ville ruinée de la Perse moderne, dans l’Yrak-Adjémi, à 130 kilom. O. de Kasbin ; autrefois résidence des rois. 11 n’en reste que des monceaux de ruines, au milieu desquelles les mosquées seules ont été conservées.

SDLTANIÉH-HISSAR ou SDLTANIÉH-KA-LESSI, c’est-à-dire Vieux-Château, ville de la Turquie d’Asie, dans l’Anatolie, paehalik de Khoudavendiguiar, à 60 kilom. S.-O. de Gallipoli, à l’entrée des Dardanelles et à l’embouchure d’une petite rivière, qui paraît être l’ancien Rhodius d’Homère ; 13,000 hab. Château fort et batteries rasantes qui commandent l’entrée des Dardanelles.

SULTAN1N s. m. (sul-ta-nain). Métrol. Autre forme du mot sultani.

SULTER. C’est, dans la mythologie Scandinave, le nom du couteau de la déesse Hela. C’est la personnification de la fringale.

SULTHAN-ED-DACLAH (Abou-Schoudja), roi de Perse de lu dynastie des Bouides, mort k Chiruz en décembre 1024. Il succéda, en 1013, k son père l’émir Boha-ed-Daulah et prit le titre d’émir. En 1015, il destitua et fit mettre à mort Abou-Galeb Fakhr-el-Molouk, son lieutenant dans l’Irak. Sulthan vainquit ensuite son frère Abou’l Fewares, gouverneur du Kerman, qui s’était révolté, lui pardonna ensuite et lui rendit son apanage (1018). Moins heureux lors de la révolte de son autre frère Abou-Aly-Al-Haçan (1020), Sulthan fut forcé de conclure (1021) un traité par lequel il renonçait à la souveraineté de l’Irak en faveur d’Abou-Aly-Al-Haçan (qui avait pris dans l’intervalle le titre de Moscberefed-Daulah) et de céder à* Abou-Taher Khosrou la possession absolue de Bassora et de l’Ahwaz.

SULZ, ville du Wurtemberg, cercle de la forêt Noire, k 56 kilom. S.-O. de Stuttgard, ch.-l. du bailliage de son nom, sur le Necker ; 2,785 hab. Importante saline ; fabrication de produits chimiques. Etablissements de bains d’eaux salées. On pense que c’est aux environs de Sulz que Valentinien battit, en 368, les Alémans révoltés.

SULZBACH, bourg de France. V. Soultz-

BACH.

SULZBACH, ville de Bavière, cercle du haut Palatinat, ch.-l. du bailliage de son nom, k 45 kilom. N.-.E. de Nuremberg ; 3,705 hab. École latine ; synagogue ; typographie hébraïque. Victoire de Jourdau sur les Autrichiens le 19 août 1796.

SULZE, petite ville de l’Allemagne du Nord,

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dans le grand-duché de Mecklembourg-Schwerin, cercle de Gustrow, sur la rive gauche de la Regnitz ; 2,500 hab. Saline importante. Etablissement de bains salés.

SULZER, nom de deux anciennes familles, l’une de Berne, l’autre de Zurich, dont plusieurs membres acquirent une certaine célébrité au xvie et au xviie siècle. Les plus connus sont les suivants :

SULZER (Simon), savant suisse, plus ordinairement nommé Sulceru*, mort en 1587. Il était fils d’un barbier d’Interlaken ou, suivant d’autres, du prieur Beatus Sulzer, qui se serait marié après sa conversion au protestantisme. Sulzer fit ses premières études à Lucerne sous Myeonius, puis à Bâle sous Glareanus. Il suivit les cours de théologie d’Œcolampade et, en 1532, il était nommé professeur de logique k B :le. D’autres assurent qu’il débuta par la profession de barbier et ne fit ses études que beaucoup plus tard. Quoi qu’il en soit, nous le trouvons en 1534 professeur de philosophie à Berne et pasteur en 1540. En 1538, il ni un voyage en Saxe et se lia avec Martin Luther, qui l’attira à ses opinions sur les sacrements ; mais Sulzer ne les professa pas alors publiquement k Berne et à Bâle. Congédié de Berne en 1548, il devint successivement économe ou directeur du collège à Bâle, pasteur à Saint-Pierre et. professeur d’hébreu (1552), premier pasteur de la cathédrale (1553), professeur de théologie {1556), professeur d’exégèse pour l’Ancien Testament (1564), enfin docteur en théologie (1563). Le duc Charles de Bade l’employa k l’évangélisation de son pays. Il rétablit, non sans lutte, l’usage des orgues dans les églises protestantes de Bâle. N’ayant pas d’enfants, il constitua, en faveur des étudiants pauvres, trois fondations qui subsistent encore aujourd’hui. Son principal ouvrage est un grand Thésaurus tocorum communium ex sacris et profanis auctoribus,

SULZER (Jean-Georges), métaphysicien allemand, né à Winterthur en 1720, mort à Berlin en 1779. Il fit de fortes études à Zurich et en Allemagne et devint un des théologiens les plus renommés de la Suisse. Nommé, à la recommandation de Maupertuis, professeur de mathématiques au collège de Joachimsthal à Berlin (1747), il fit partie de l’Académie royale des sciences de Berlin (1750). Il a laissé un grand nombre d’écrits savants (en allemand et en français), dont les principaux sont : Théorie universelle des beaux-arts (1772, 2 vol. in-4<>), des dissertations sur les Comètes, sur divers Phénomènes physiques, sur les Baromètres, etc. ; des mémoires sur VOrigine des sentiments, sur le Bonheur, sur le Principe de la morale, sur la Pédagogie ; une Analyse du génie et quelques autres mémoires insérés dans les tomes VH-XIde Y Histoire de l’Académie de Berlin.

SULZER (Jean-Gaspard), médecin allemand, né à Winterthur en 1716, mort k Gotha en 1779, Il fit ses études à Strasbourg et fut, en 1756, mandé k Gotha pour y occuper la place de médecin ordinaire du duc de Saxe-Gotha. C’est à lui qu’on doit l’introduction de l’inoculation en Allemagne.

SUMAC s. m. (su-mak — ar. sommak, même sens). Bot. Genre d’arbres et d’arbrisseaux, de la famille des térébinthacées, comprenant un grand nombre d’espèces, qui croissent dans les régions chaudes et tempérées du globe : Le sumac odorant est cultivé dans les jardins. (P. Duchartre.) Tous les sdmacs se plaisent sur les bords des eaux. (Th. de Berneaud.) On cultive le sumac radicant dans les jardins botaniques. (Bosc.) Il découle des incisions qu’on fait au tronc des gros sumacs une substance résineuse dont on pourrait faire un vernis. (Duhamel.)

— Techn. Feuilles, fleurs et graines de sumac, réduites en poudre et employées en teinture : Sumac de Sicile. Sumac de Malaga. Sumac de Porto.

— Encycl. Les sumacs sont des arbres ou des arbrisseaux à feuilles alternes, rarement simples et entières, le plus souvent imparipennées ou trifoliolées, à fleurs hermaphrodites, polygames, dioïques ou monoïques, groupées en panicules ; le fruit est un drupe sec, à noyau osseux et monosperme. Les espèces très-nombreuses de ce genre sont répandues dans toutes les contrées tempérées ou un peu chaudes ; elles abondent surtout au Cap de Bonne-Espérance et dans l’Amérique au Nord. Presque toutes sont plus ou moins remarquables par l’élégance de leur végétation qui les fait rechercher dans les jardins d’agrément, ou par leurs propriétés médicinales ou économiques ; toutes sont plus ou moins astringentes, et plusieurs sont employées avantageusement pour le tannage ; elles sécrètent souvent un suc laiteux, acre et caustique, et fournissent à l’industrie des vernis ou des matières tinctoriales.

Le sumac des corroyeurs, vulgairement nommé redoul, vinaigrier, etc., est un arbrisseau de 3 à 4 mètres de hauteur, à rameaux écartés, presque dichotomes, ’couverts d’une écorce brune et velue et portant des feuilles imparipennées, à folioles dentées, velues en dessous ; ses fleurs, verdâtres, très-petites, disposées en panicules compactes au sommet des rameaux, fleurissent au milieu de l’été. Cet arbrisseau, originaire du midi de l’Europe, est très-rustique dans cette région et

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s’accommode des sols les plus arides. On le propage de graines, semées en pépinière, aussitôt après leur maturité ; au bout d’un an, on repique les jeunes plants en pépinière pour les replanter l’année suivante, après avoir défoncé le sol à om,50 de profondeur. On peut aussi le multiplier de drageons, de boutures et de marcottes ; mais les sujets ainsi obtenus ne sont, assure-t-on, ni aussi rustiques ni aussi vigoureux. Il n’y a plus ensuite qu’à donner tous les ans deux binages, l’un au printemps, l’autre k l’automne, pour détruire les mauvaises herbes et les gourmands ou drageons. Comme ses racines tracent beaucoup, il se propage de lui-même, aussitôt qu’il a pris possession du sol. On peut l’employer avantageusement pour retenir les terres sur les pentes rapides, pour reboiser les sommets des montagnes, les sols peu profonds, arides ou même rocailleux.

Sous les climats du Nord, il est plus délicat, croît plus lentement et ne donne que des produits inférieurs ; aussi sa culture en grand n’y est-elle pas avantageuse. « Cet arbuste, dit Bosc, craint les gelées du climat de Paris, et quoiqu’il passe assez bien en pleine terre les hivers ordinaires, il est rare qu’il n’y périsse pas dans une révolution de cinq à six ans. Ordinairement il n’y a que les tiges de frappées, et au lieu d’un pied on en a cinquante autres l’année suivante, résultant des rejetons que poussent ses racines ; cependant cet inconvénient fait qu’on le cultive peu dans les jardins d’agrément. >

Le principal produit du sumac des corroyeurs consiste dans ses tiges ou ses rameaux. On peut en faire la première récolte deux ou trois ans après la plantation. On renouvelle ensuite cette opération une ou deux fois tous les ans, la première de la mi-juillet à la fin d’août, la seconde dans le courant des deux mois suivants. Il vaudrait mieux s’en tenir a la première récolte. Les branches coupées sont mises a l’ombre pendant quelques jours ; quand elles sont à. moitié sèches, on les livre aux marchands, qui les font battre ou fouler par des chevaux ou des mulets, afin d’en séparer les feuilles, que l’on réduit en poudre par l’action du moulin. Ainsi préparé, le sumac se vend aux corroyeurs, qui l’emploient au tannage des cuirs fins et surtout des peaux de chèvre destinées à la préparation des maroquins. Cet emploi du sumac était connu des anciens.

La seconde récolte donne un médiocre produit ; on ne l’évalue guère qu’au huitième de celui de la première coupe. D’ailleurs, en forçant la plante à pousser de nouveaux bourgeons, on l’épuisé et on la réduit au point de ne plus fournir de tiges d’une dimension convenable. Les feuilles de cette seconde récolte sont destinées aux teinturiers, qui s’en servent pour fixer les couleurs sur les laines et les toiles. L’écorce des tiges sert encore k teindre en jaune, et celle des racines en brun.

Les feuilles du sumac des corroyeurs sont employées en médecine comme astringentes et antiseptiques. On les emploie aussi comme assaisonnement. On fait infuser les "fleurs dans le vinaigre pour lui donner plus de force. Les fruits sont d’un beau rouge à la maturité. Ils partagent les propriétés générales des feuilles et des fleurs. Leur saveur est acidulé et assez agréable ; les anciens les employaient comme condiment, et cet usage sest conservé chez les Orientaux. En les faisant infuser ou macérer dans l’eau, on obtient une boisson rafraîchissante et astringente. On les a prescrits autrefois en médecine contre la diarrhée et le scorbut. Diosconde appelle cet arbrisseau érythron, h cause de la couleur rouge de ses fruits, qu’on emploie, dit-il, pour le tannage. Pline les mentionne comme astringents et bons à être mangés avec les viandes. Les graines ont été préconisées contre la dyssenterie. Elles servent de mordant pour dégraisser la tôle qu’on veut convertir en fer-blanc ; on les fait pour cela infuser dans l’eau. Enfin, on a vanté l’écorce de ce sumac romme un spécifique contre la fièvre et la rage.

Le sumac de Virginie est un arbrisseau de 3 k 4 mètres, dont les jeunes rameaux, couverts de poils rougeâtres, ont une moelle brune et abondante et laissent écouler, par incision, un suc laiteux, épais et d’un jaune orangé. Ils portent des feuilles imparipennées et se terminent par des panicules de fleurs ou de fruits rougeâtres. Originaire de l’Amérique du Nord, cet arbrisseau est presque naturalisé dans nos contrées. Il possède des propriétés médicinales et économiques analogues à celles de l’espèce précédente. On emploie notamment, en Amérique, son écorce pour le tannage, et on fait avec ses fruits une boisson rafraîchissante comme la limonade. On obtient une teinture grise très-solide de son écorce et de ses feuilles. Son suc, en se concrétant, donne une sorte de résine. Cet arbrisseau se propage de lui-même par ses drageons ; il en devient même envahissant et un peu gênant pour les cultures voisines.

« Le sumac de Virginie, dit Bosc, fleurit au milieu de l’été. Son aspect est beaucoup plus agréable que celui du précédent, tant par la plus grande étendue de ses feuilles que par la couleur de ses épis de fleurs. Il a de plus l’avantage de prendre, en automne, une couleur générale rouge, qui produit un singulier effet par suite du contraste, et de ne pas

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craindre les gelées, quelque fortes qu’elles soient. C’est un des plus charmants arbustes qu’on puisse employer dans la composition des jardins paysagers, pourvu qu’il n’y soit pas prodigué. Ses branches irrégulières forment des masses de feuillage qui font très-bien ressortir les effets de la lumière, et ses brillants épis de velours cramoisi concourent à ceux de l’ensemble d’une manière très-avantageuse. Je ne vois pas un de ces arbustes convenablement placé, surtout quand je le regarde de loin, que je ne sois frappé de sa forme pittoresque et de la manière dont il fait valoir ses entours. Ses épis de fruits, qui subsistent pendant tout l’hiver, lui font former décoration, même pendant cette saison. C’est au second rang des massifs ou isolé au milieu des gazons, avec deux ou trois arbres autour de lui, sur le bord des ruisseaux, dans le voisinage des rochers qu’il produit tout ce qu’il doit produire.

Une terre légère et profonde est celle où il réussit le mieux ; cependant il vient dans toutes, pourvu qu’il n’y ait pas d’eau. L’exposition au soleil lui est avantageuse ; cependant l’ombre ne lui est pas nuisible, pourvu u’il ne soit pas étouffé, 11 est toujours mieux e l’abandonner à lui-même que de le tourmenter par des tailles souvent contraires à sa nature ; cependant il est des cas où le retranchement d’une branche est une bonne opération ; c’est au jardinier éclairé et réfléchi k en juger. Ses graines sont rarement bonnes dans le climat de Paris ; mais il pousse si abondamment des rejetons, lorsqu’il est dans un terrain favorabfe, qu’on peut se passer de ce moyen de le multiplier. Ces rejetons, qui poussent quelquefois de trois ou quatre pieds dès la première année, se lèvent pendant l’hiver et peuvent se planter directement en place ou être mis pendant deux ou trois ans en pépinière, à deux, trois ou quatre pieds de distance, suivant leur force, Lorsqu’on n’en a pas naturellement une assez grande quantité, on peut aisément forcer leur production en coupant ou seulement en blessant les racines d’un vieux pied. •

Le sumac élégant ressemble beaucoup au précédent, dont il se distingue surtout par ses feuilles entièrement glabres et par ses fleurs dioïques, d’un pourpre écarlsite. Il est originaire du même pays, se cultive de même et produit un plus bel effet dans les jardins, à cause des teintes plus vives de son feuillage et de ses fleurs ; toutefois il est moins répandu. Le sumac glabre a des feuilles glauques en dessous et des fleurs verdâtres, en grosses panicules terminales ; il vient aussi de l’Amérique du Nord ; plus grand que les deux précédents, il est moins agréable d’aspect, bien qu’il orne très-bien un jardin paysager. Ces deux espèces, du reste, possèdent les propriétés générales du genre.

Le sumac vernis est un arbre de 15 k 20 mètres, k feuilles imparipennées, k folioles entières ; il croît en Chine et au Japon et se voit assez souvent dans nos jardins. On le connaît sous le nom de vernis du Japon, donné aussi, mais très-improprement, k l’ailante glanduleux, avec lequel il ne faut pas le confondre. Il fournit un vernis très-estimé. C’est quand il a atteint 0">, lo à 0°>,12 de tour, à 1 mètre du sol, ce qui arrive ordinairement vers la septième année, que l’on commence k l’exploiter. Depuis juin jusqu’en septembre, avant le lever du soleil, on pratique sur la tige des incisions longitudinales, un peu obliques, longues deom, 06kom,07 au plus ; on en fait deux diamétralement opposées, puis d’autres en dessus, jusqu’k ce qu’on soit arrivé k dix ou douze par arbre ; lorsque ceux-ci ont dix à douze ans, au lieu de deux incisions k la fois, on en fait trois ou quatre. On recueille le vernis dans des coquilles que l’on renouvelle tous les jours. On distingue trois qualités de vernis, suivant l’époque de la récolte ; on préfère d’ailleurs celui qu’on retire des arbres croissant dans les sols pierreux et un peu frais. Ce vernis sert à la fabrication des laques de la Chine et du Japon. Celui du commerce est souvent mélangé d’huiles et impropre k cette fabrication.

On trouve dans l’Amérique du Nord une autre espèce k laquelle on donne aussi le nom de sumac vernis ou vernicifère ; c’est un arbrisseau de 3 k 4 mètres, k folioles entières, glabres, plus pâles en dessous ; k fleurs blanches, dioïques, disposées en grappes très-lâches dans l’aisselle des feuilles supérieures, et k fruits toujours verdâtres. On en retire, par incision, une liqueur blanche qui noircit par son exposition k l’air et devient un beau vernis. On regarde son simple attouchement comme dangereux. Néanmoins, on le cultive quelquefois dans les jardins, où il se fait remarquer, en automne, par la teinte rouge de ses feuilles.

Le sumac copal se distingue surtout du précédent par la couleur jaune de ses fleurs et par sa taille plus petite. Il croit aux États-Unis, notamment en Caroline. Assez difficile k cultiver sous le climat de Paris, il exige la terre de bruyère et craint les gelées. On en retire, en Amérique, une sorte de gomme appelée copal d’Amérique ou faux copal ; c’est une matière gommo-résineuse solide, cassante, transparente, d’un blanc jaunâtre plus ou moins foncé, insoluble dans l’eau, peu soluble dans l’alcool, l’éther et les huiles essentielles. Elle a des propriétés stimulantes dont la médecine ne parait pas avoir cherché k tirer parti. On ne l’emploie guère que dans l’in-