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feld-mïiréohs.1.ieutenant en 1716, et, envoyé un peu plus tard en Sicile, s’empara do Messine (1719), dont il fut nommé gouverneur. Il reçut, en outre, les titres de grand maître général de l’artillerie et de commandant de toutes les forces de la Sicile. En 1733, il prit part aux campagnes sur les bords du Rhin, ■ dans l’Italie septentrionale, puis en Hongrie, où les Turcs firent essuyer défaite sur défaite aux troupes impériales. Chargé du commandement en chet après la prise de Méhadia, il ne put empêcher 1 ennemi de s’emparer encore de Groczka en 1739 ; il fut plus heureux lorsque le sérasquier de Widdin chercha à traverser la Ternes pour pénétrer dans le banat de Temeswar, et il le força à rétrograder. Peu de temps après, au lieu de marcher au- secours de Belgrade assiégé et dont les habitants se défendaient vigoureusement, il conclut avec les Turcs un traité par lequel il leur abandonnait Belgrade, Schabacz, ta Servie et la Valachie. L’indignation fut générale en Autriche, et l’empereur Charles VI, après avoir retiré le commandement à Wallis, nomma une commission chargée de le juger. Mais, grâce aux protecteurs que le vieux générai possédait a la cour, l’affaire traîna en longueur, et, Charles VI étant mort en 1740, Marie-Thérèse rappela Wallis auprès d’elle. Chargé du commandement d’un corps d’armée pendant la guerre en Bohême, il s’empara, en 1743, de la ville de Leutmeritz. Il mourut quelques mois plus tard à Neukirchen.

WALLIS (John), théologien et naturaliste anglais, né dans le Cumberiand en 1714, mort, après avoir occupé plusieurs cures dans le Norlhumberland, en 1793. On a de lui des Lettres à un élève sur le point d’entrer dans les ordres et une Histoire naturelle du Norlhumberland (17C9, 2 vol. in-4°).

WALLIS (Samuel), navigateur anglais, mort en 1795. Lieutenant de vaisseau en 1755, puis capitaine deux ans plus tard, il prit part à l’expédition d’Holbonne contre Louisbourg et, en 1760, fit un voyage au Canada. En 1760, il fut chargé de continuer et d’étendre les découvertes de Byron dans l’océan Pacifique et, en août 1766, fit voile de Plymouth, à bord du Dauphin et en compagnie de Hirondelle, qui avait pour’ capitaine Carteret. 6es deux bâtiments furent séparés par un coup de vent à l’extrémité O. du détroit de Magellan, et Wallis continua seul son voyage. Il découvrit successivement les lies de la Pentecôte (3 juin 1767), d’Egmont, de Glooester, de Cumberiand, de Guillaume-Henri, d’Osnabruck et, le 19 juin de la même année, Tahiti, à laquel’e il donna le nom d’Ile du Roi-George. Il y séjourna jusqu’au 27 juillet suivant ; ruais ne pouvant, à cause du mauviiis état de son vaisseau et de la rigueur du temps, revenir par le détroit de Magellan, il doubla le cnp de Bonne-Espérance, découvrit en chemin plusieurs lies, dont l’une reçut son nom, et arriva le 30 novembre à Batavia, puis, le 19 mai suivant, en Angleterre. Lu. Relation de son voyage, qui parut (Londres, 1773, 3 vol. in-4°) dans la collection des Voyages au Pacifique, de Hawkesworth, et qui a. été traduite eu fiançais par Suard (Paris, 1774, 4 vol. in-4°), n’est qu’une simple copie, de son journal de bord. Wallis avait amlté en 1772 le service actif et était devenu, en 1780, commissaire de la marine.

WALLIS (Joseph ; comte de), homme d’Elat autrichien, né du.oi la Moravie en 1768, où il est mort en 1818. Il fut nommé, en 1805, président de la régence de Bohême et, en 1810, ministre des lininees. L’état financier de l’Autriche était eiors déplorable : la dette s élevait à 700 nuirons, et le papier-monnaie, dont une masse é*.ait en circulation, perdait plus des deux tiers de sa valeur. Le ministre commença par réduire le papier au cinquième, puis il en émit un nouveau, qui ne larda pus à êtro également avili. Les fortunes particulières se trouvèrent bouleversées ; mais le gouvernement eut des ressources pour lever <’es troupes lorsque arriva la coalition de 1813 contre la Fiance. Aussi, k la mort du comte de Wallis, la cour de Vienne se montra-t-rJle reconnaissante, en lui faisant faire do magnifiques funérailles. En 1816, il avait caillé le portefeuille des finances pour celui de la justice.

WALLIS (George), médecin anglais, né à York en 1749, mort à Londres en 1802. Il fut longtemps professeur de médecine théorique et prat que dans cette dernière ville. On a de lui : fissai sur les conséquences résultant des salariées imprudentes pendant la grossesse (Londres, in-8°) ; Nosologia melhodica oculorum (Londres, 1785. iii-8<>) ; Œuvres de Thomas Syd’.nham sur les maladies aiguës et chroniques, oi sont exposés leur histoire et leur mode de quërison tels qu’il les a écrits (Londres, 1789, 2 vol. in-8<>)  ; l’Art de conserver et de rétablir la santé, fondé sur des principes rationnels (Londres, 1793, in-8°) ; troisième édition du Dictionnaire médical de Mothuby, revu et corrigé, avec de considérables additions (Londres, 1791, in-fol.).

WALLIS (Sarah-Lee), naturaliste anglaise, née à Colohester en 1791, morte en 1856. Elle s’occupa, dès l’enfance, de l’étude des sciences naturelles et épousa, en 1812, un savant distingué, T. E. Bodwich. Les deux époux publièrent en commun les ouvrages

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I suivants : Taxidermie ou Airt de collectionner

(1821) ; Excursions à Madère et à Porto-Santo

(1825). Mme Bodwich a, en outre, écrit seule : Histoire des poissons d’eau vive en Angleterre (1830) ; Mémoires de Georges Cuvier (1833) ; Histoire de divers pays étrangers et fragments de notes d’un voyageur (1835) ; Éléments d’histoire naturelle (1844) ; les Voyageurs africains (1847) ; Aventures en Australie (1851) ; Anecdotes sur les habitudes et les instincts des oiseaux, reptiles et poissons (1852) ; les Oiseaux d’Angleterre (1852).

WALLISCHBIRKEN, bourg de l’empire d’Autriche, dans la Bohème, cercle de Prachin, à 28 kilom. S.-O. de Piseck ; 2,300 hab.

WALLIUS (Jacques), poète latin moderne, né à Courlray en 1599, mort vers 1680. Il entra, à dix-sept ans, dans l’ordre des jésuites et acquit une grand réputation comme prédicateur. On a de lui des poésies latines, qui ont obtenu, à l’époque de leur publication, un succès que l’on ne comprend plus guère aujourd’hui, car la versification en est des plus médiocres et on n’y trouve aucune trace d’inspiration. Le recueil de ses œuvres (Anvers, 1656, in-12) est divisé en neuf livres et renferme des poésies héroïques, des paraphrases d’Horace, des élégies et des odes.

WALLMODEN-G1MBORN (Louis-Georges-Thedel, comte de), général autrichien, né à Vienne en 1769, mort en 1862. Il servit d’abord dans l’armée hanovrienne, puis dans l’armée prussienne et, lorsque, k la suite de la paix de Bâle, lu Prusse eut cessé de faire ia guerre k la France, passa au service de lAi’triche. Il se distingua comme chef de partisans pendant les campagnes de 1796 à 1801, fut aussi chargé de différentes missions diplomatiques et conclut à Londres un traité de subsides entre l’Angleterre et l’Autriche, lorsque cette dernière recommença, en 1809, la guerre contre la France. De retour à Vienne, il prit une part glorieuse à la bataille de Wngram et, après le traité de Vienne, fut promu feld-maréchal lieutenant et commandant d’une division de l’armée de Bohême. En 1813, il passa, avec le même grade, au service de la Russie, commanda la légion allemande, qu’il conduisit dans le Mecklembourg, et, après la conclusion de la suspension d’armes d’août 1813, la réunit à l’armée du Nord. Non-seulement il se maintint avec son corps en face des forces supérieures de Davout, mais encore il battit la division française de fécheux au combat de la Goahrde et pénétra dans le Slesvig, où il força les Danois à conclure la paix. Après le second traité de Paris, il rentra au service de l’Autriche, succéda, en 1817, au comte Nugent, dans le commandement en chef des troupes autrichiennes laissées dans le royaume de Naples, commanda en 1821 un des principaux corps de l’armée autrichienne dirigée contre Naples et, en juin de la même année, prit possession de la Sicile, où il demeura jusqu’en 1823. Il devint alors commandant du le corps d’armée de l’Italie supérieure et commandant militaire de Milan, et occupa ces deux postes jusqu’en 1848, époque où jj, prit sa retraite. C’était un homme d une rare intelligence, d’une grande fermeté de caractère et d’une bravoure sans égale. Il a éminemment contribué à former l’infanterie légère autrichienne et à améliorer la tactique des tirailleurs. — Son frère, le comte Charles-Auguste-Louis DE Wallmodkn, né en

1792, général de cavalerie au service de l’Autriche, fut pendant plusieurs années commandant, après Haynau, du 1er corps d’armée et fut ensuite adjoint à Giulay dans le commandement du 2e corps. Il a quitté le service en 1858.

WALLNEB (François Leidksdorf, connu sous le nom de), acteur et directeur de théâtre allemand, né k Vienne en 1810. Fils d’un riche agent de change, il quitta le nom de son père pour celui de Wallner en 1830, époque k laquelle il embrassa la carrière théâtrale, malgré l’opposition de sa famille. Après avoir paru sur diverses petites scènes de l’Autriche, il obtint à Vienne un engagement au Théâtre-sur-la-Vienne, où il fut accueilli du publia avec une faveur marquée. De là, il passa au théâtre de la Josephstadt, ’ à l’éclat duquel il eut une part importante, et, à l’expiration de son engagement (1838), il entreprit une excursion artistique qui dura dix ans, et pendant laquelle il joua sur presque tous les théâtres de l’Allemagne. Engagé, en 1848, au théâtre de la cour, à Saint-Pétersbourg, il quitta cette ville l’année

suivante, parce que sa femme ne pouvait s’habituer au climat rigoureux de la Russie. Aprè3 avoir dirigé avec succès, de 1850 k 31854, les théâtres de Fribourg-en-Brisgau, de Bade et de Posen, M. Wallner prit à Berlin la direction du théâtre du Vaudeville, dja la Kœnigstadt, qui venait de sombrer sous son prédécesseur ; grâce k son activité et à son habileté, il réalisa en deux ans des bénéfices qui lui permirent de devenir propriétaire de ce théâtre et de le faire rebâtir entièrement. Puis il entreprit la construction d’une nouvelle scène qui fut ouverte en 1864, sous le nom do Théâtre-Wallner, et qui est au nombre des plus beaux édifices de Vienne. Le Théâtre-Wallner occupe une place éminente dans l’histoire de la comédie allemande ; il s’est élevé rapidement au rang des* meilleures scènes comiques de l’Allemagne

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et possède un personnel d’élite. M. Wallner dut en abandonner la direction en 1868, par suite de l’affaiblissement de sa santé ; le roi de Prusse l’avait nommé, peu de temps auparavant, conseiller intime de commission. Cet artiste s’est aussi fait connaître en littérature par des relations de voyages et des mémoires.

— Sa femme, Agnès Kretzschmar, née k Leipzig en 1826, commença sa carrière dramatique à Leipzig, parut avec succès sur les scènes de Berlin, de Brème et de Riga, et épousa, en 1847, M. Wallner, qu’elle suivit à Saint-Pétersbourg. De 1854 à 1868, elle a été l’une des actrices les plus applaudies du théâtre dirigé par son mari k Berlin.

WALLO, contrée de Sénégambie, qui commence à Daganah et s’étend sur la rive gauche du Sénégal, et même jusqu’à la barre du fleuve. Rigoureusement parlant, le fleuve, dans sa partie tout inférieure, c’est-k-dire depuis la barre jusqu’à Dakar-Bango, village situé sur la rive gauche du marigot des Fours-k-Chaux, est bordé par le territoire du Cayor, et le Wallo ne commence qu’k ce marigot. Mais comme les îles que forment les nombreux marigots du ba% Sénégal, telles que Sor, Babaguié, etc., ne relèvent plus du souverain du Cayor, on peut sans inexactitude étendre autant les limites du Wallo, véritable dépendance du chef-lieu des établissements français. On estime k environ

40 lieues la distance qui sépare Saint-Louis de Daganah. Vers ce village, le Wallo est resserré entre le fleuve au nord et des coteaux sablonneux an sud ; mais à partir du marigot de Tawéi il s’élargit peu à peu et est coupé par les marigots du Sénégal, qui se multiplient k mesure que le fleuve avance vers son embouchure. Les villages les plus importants du Wallo sont : Makka, Débi, Ghiek, Laouakh, N’Dianhui, Guidakar. La végétation varie singulièrement à mesure qu’on remonte le fleuve. Le Wallo est d’ailleurs une terre assez pauvre, et on n’y cultive guère que le mit. Le gouvernement est monarchique héréditaire. La religion est l’islamisme, et la langue le yoloff. Le Wallo est habité par les races de la grande famille inandingue, par quelques Foulahs et des Maures. Le règne animal dans le Wallo est représenté par les buffles, les panthères, les autruches, le lièvre, la perdiix, le rat palmiste et les petits oiseaux connus sous le nom de sénégalis.

WALLON, ONNE s. et adj. (val-Ion, o-ne). Géogr. Habitant des provinces méridionales de la Belgique ; qui appartient à ce pays ou ses habitants ; Les Wallons. La race wallonne. La langue wallonne.

— Par ext. Se dit, dans le Nord-Ouest, des personnes qui ont un parler pâteux comme les Wallons.

Epée wallonne, Epée k lame large, k deux tranchants, dont la cavalerie était armée sous Louis XIII et Louis XIV.

— Hist. Gardes wallonnes. Corps de troupes espagnol, qui fut primitivement composé d’habitants de la Flandre wallonne.

— s. m. Linguist. Ancien dialecte français, qu’on parle encore dans le pays situé entre 1 Escaut et la Lys.

— Encycl. Linguist- On donnait jadis le nom de Wallons aux habitants de la Belgique qui étaient d’origine gauloise et qui parlaient le français. Le pays wallon comprenait le territoire qui correspond actuellement aux provinces belges de Namur, de Liège, du Hainaut, de Luxembourg et k la partie méridionale du Brabant. On compte environ 2 millions de Wallons, surnommés Franquillons par les Flamands.

L’idiome parlé par les anciens Wallons a été un des principaux’ dialectes de la langue d’oïl. Il est encore usité en France dans une partie des départements du Nord et des Ardennes ; en Belgique, dans les provinces de Tournaisis, de Hainaut, de Namur, de Liège, dans une partie du Brabant méridional et, dans le duché de Luxembourg. Le wallon diffère d’autant plus du picard qu’il s’avance plus loin vers l’est ; celui que parle le peuple des campagnes dans les pays de Liège et de Limbourg est tellement altéré, qu’on a peine k le reconnaître pour appartenir k la langue française. Cependant, si l’on prend Liège pour sommet d’un triangle dont la base serait appuyée au midi sur Besançon et au couchant sur Cherbourg, on peut suivre, en descendant vers le sud et en se dirigeant vers l’ouest, les diverses nuances qui rattachent le wallon au picard, au lorrain, au champenois et au normand. Quelle que soit la filiation qui existe entre ces dialectes, le wallon semble les résumer, car il les explique presque tous.

En général, le wallon rend les diphthongues trop sensibles ; il prononce les mots joyau, joyeux, comme s’ils étaient écrits joiyau, joi-yeux. Dans ce dialecte, chaque lettre est prononcée et chaque voyelle est affectée d’un accent prosodique ; la voix aiguë est très-fermée et le sou ouvert fort prolongé. Si le wallon était physiquement accentué, il offrirait une gamme variée par ses sons mâles et sonores.

Si l’on compare les voyelles françaises avec celles du wallon, on voit souvent achangé en e {chet, chat ; Khettèun, Catherine) j éen i et en u (chimih, chemise ; chiminate, cheminée ; contrufaçon, contrefaçon,

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conlrudanss, contredanse) ; o en i {diné, donner) ; oi en e (crehan, coissaut), etc. La nasale an et ent devient ain -■ accident, acsidain ; argent, argein, aùrgain ; assistance, assistainss ; Inn omm sainz argein esst u leu sain dain (Un homme sans argent est un loup sans dents).

La consonne q est remplacée par les consonnes k ou c. Dans la conjugaison, g a le son doux de notre j devant chaque voyelle : gauret, j’aurais ; il en est de même dans les pronoms ga, gu. Le k et le / se prononcent d’une manière âpre, même dure ; mais r donne presque toujours un son agréable ; cette consonne est supprimée k la fin des mots en eur : acoukeu, accoucheur ; corroyeu, corroyeur, et dans les syllabes finales muettes. : coiitt, contre, etc. Il remplace ss k l’intérieur des mots, et une syllabe muette k lu fin : udoûssihan, adoucissant ; acreh, accroître ; chimih, chemise, etc.

Le comparatif de supériorité est exprimé par le mot plus : Gâk et pu bai K’Lorain (Jacques est plus beau que Laurent). Le comparatif d’infériorité est rendu par les mots mos, si et aussi, ou par si, suivis de que ; Bieintmé et mon ui Ici Doué (Barthélémy est moins vieux que Dieudonné) ; Ghènn ne nen si friss ki Ketlènn (Jeanne n’est pas si fraîche ou aussi fraîche que Catherine). Le comparatif d’égalité est exprimé par aussi, suivi de que ; Mes onie son ossi neur ki le vos (Mes yeux sont aussi noirs que les vôtres). Le superlatif est rendu au moyen de très, fort, plus • L’veie di Vervi et trè rig, et foir eomerçantt (La ville de Verviers est très-riche et tort commerçante). Dans le sens relatif, on dira : Voss soûr et Vfemme li pu sûteie de pay (Votre sœur est la femme la plus spirituelle du pays). Enfin, les adjectifs bon, petit, mauvais font le meilleur, le moindre, le pire.

On peut consulter sur ce dialecte : Cambresier, Dictionnaire wallon-français (Liège, 1787, in-8°) ; Remacle, Dictionnaire wallonfrançais (Liège, 1S23, in-8°) ; Gratidgaguage, Dictionnaire étymologique de la langue wallonne (Liège, 1845-1850, 2 vol.in-8°) ; Chavée, Dictionnaire français et wallon (Paris, 1857, grand in-18) ; Tailliat, Recueil d’actes des xii" et xtue siècles en langue wallonne du nord de la France (Douai, 1849, in-S°) ; De lingua francica Rheni inferioris, Von Wahlenberg (Bonn, 1849, in-8°).

WALLON (Henri-Alexandre), historien et homme politique français, né il Valeuciennes le 13 décembre 1812. Admis à l’École normale en 1831, il en sortit trois ans plus tard et se fit recevoir agrégé. Après avoir professé l’histoire dans divers collèges, M. Wallon devint maître de conférences k l’École normale (1840) et suppléant de M. Guizot k la Faculté des lettres de Paris. Un ouvrage sur l’Esclavage dans les colonies (liU7, -S0) lui valut

d’être nommé, après la révolution de 1848, secrétaire delà commission de l’esclavage présidée par Schœleher et député suppléant de la Guadeloupe à l’Assemblée constituante. Jl ne siégea point dans cette Assemblée ; mais, lors des élections pour l’Assemblée législative (1849), les électeurs du département du Nord l’élurent représentant du peuple avec 92,290 voix. M. Wallon vota presque constamment avec le parti réactionnaire, pour l’état de siège, pour la suppression des clubs, etc. ; toutefois, le 30 juin 1849, il repoussa l’autorisation de poursuites demandée contre Martin Bernard et il donna sa démission, après le vote de la loi du 31 mai 1849, qui mutilait le suffrage universel. À partir de ce moment jusqu’en 1871, M. Wallon s’occupa uniquement d’enseignement et de travaux historiques et religieux inspirés pai l’esprit clérical..Il devint professseur en titre d’histoire et de géographie moderne k la Faculté des lettres de Paris, fut nommé en 1850 membre de l’Académie des inscriptions et belles-lettres, et reçut, en 1864, la croix d’officier de la Légion d’honneur. Aux élections du 8 février 1871, M. Wallon fut élu par 181,217 suffrages député à l’Assemblée nationale pour le département du Nord. Il y siégea au centre droit, vota les préliminaires do paix, l’abrogation des lois d’exil, la validation de l’élection des princes d’Orléans, la proposition Rivet, la loi sur les conseils généraux ; se prononça pour le pouvoir constituant de l’Assemblée et la pétition des évêques, contre le maintien des traités de commerce, pour le retour de la Chambre k Paris, pour la suppression de la garde nationale ; déposa, en avril 1872, un projet de loi demandant que le vote fût obligatoire, et appuya en général la politique de M. Thiers jusqu’au moment où cet homme d’État demanda que l’on constituât le gouvernement républicain. Le 34 mai 1873, M. Wallon se joignit à la coalition qui renversa le président de la république et vota les mesures de réaction les pltis odieuses proposées par le gouvernement de combat. Le 19 novembre 1873, il donna son vote en faveur du septennat. Cette même année, il prit une part active k la discussion de la loi sur le conseil supérieur de l’enseignement, dont il fut nommé membre. En 1874, il continua k soutenir la politique du duc de Broglie et de ses successeurs, parla en faveur de l’institution des aumôniers militaires, sur de nouveaux impôts, sur la proposition Périer, demandant la mise k l’ordre du jour des lois constitutionnelles, et se prononça contre 1»