Page:Larousse - Grand dictionnaire universel du XIXe siècle - Tome 8, part. 2, Fj-Fris.djvu/147

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


pauté, moyennant 35,000 florins. || Se retira alors (142l) dans le château de Castiglione, dont il s’était réservé la propriété. Il en fut enlevé cinq ans plus tard. Conduit à Milan, il fut condamné par Visconti, a périr sur l’échafaud. Au moment où il allait mourir, son confesseur l’ayant exhorté à se repentir : « Oui, je me repens, en effet, et d’une faute irréparable, s’écria Fondolo. J’ai tenu le pape et l’empereur au haut de ma tour de Crémone ; j’aurais pu les précipiter tous deux en bas ; j’en ai eu la pensée ; j’accordais ainsi guelfes et gibelins, et je rendais ma mémoire impérissable. Mon seul remords est d’avoir laissé échapper cette occasion unique de m’illustrer à jamais. »

FONDON, bourg d’Espagne, prov. et à 20 kilom N.-O. d’Alméria, district et à 15 kilom. S.-O. de Canjayar ; 2,185 hab. Mines et fonderies de plomb ; moulins à huile et à farine. Église paroissiale assez remarquable.

FONDOUK s. m. (fon-douk). Nom marocain des Caravansérails.

FONDOUK, gros village agricole d’Algérie, prov. et à 39 kilom. S.-E. d’Alger, à l’extrémité orientale de la vaste plaine de la Mitidja, sur la grande route qui relie Sétif à Alger ; 1,500 hab. Le climat de cette localité, longtemps funeste aux colons, a été assaini par le défrichement des terres incultes et le dessèchement des marais.

FONDRE v. a. ou tr. (fon-dre — lat. fundere, qui signifie proprement, suivant Delâtre, lancer, précipiter au fond, d’où l’acception de liquéfier). Liquéfier, amener à l’état liquide : Fondre des métaux. Fondre du beurre dans la poêle. Fondre la neige, la glace. Après le fer, le cuivre est le métal le plus difficile à fondue. (Buff.)

....On vit l’homme hypocondre
Adorer le métal que lui-même il fit fondre.
Boileau.

|| Dissoudre dans un liquide : Fondre du sucre dans l’eau. Pour fondre la chaux, on la noie dans une grande quantité d’eau qu’elle saisit avidement. (Buff.) || Couler, confectionner en métal fondu : Fondre une statue équestre. Fondre une cloche. Fondre des balles. Fondue des caractères d’imprimerie.

— Fig. Combiner, former un seul tout : Fondre en un seul deux projets de loi. Fondre deux chapitres d’un livre. À force de causer ensemble, les peuples finiront par fondre leurs langues natales en un idiome éclectique et polyglotte. (Rigault.)

Fondre la glace, Faire cesser la désunion ou la contrainte entre deux ou plusieurs personnes : Cette famille était divisée, mais le malheur a fondu la glace.

— Peint. Fondre des couleurs, des teintes, des tons, Les adoucir sur les bords de façon à passer graduellement et par nuances insensibles d’une couleur, d’une teinte, d’un ton, a une autre couleur, une autre teinte, un autre ton.

— Comm. Fondre des titres, S’en défaire avec quelque perte, comme il arrive lorsqu’on fond des métaux qui donnent des déchets.

— v. n. ou intr. Passer à l’état liquide : Faire fondre du beurre. Le fer ne fond qu’à une très-haute température.

.....Sur ces hauts sommets
Blanchissent des frimas qui ne fondent jamais.
Ponsard.

— Fam. Maigrir : Cette pauvre enfant fond à vue d’œil ; elle fond comme le beurre dans la poêle. || Disparaître graduellement : L’argent fond entre ses mains. — Par exagér. Fondre en larmes, Fondre en pleurs, Verser des larmes abondantes : Chez les camisards, tout le monde fondait en larmes quand un prophète entrait dans son transport. (A. de Gasparin.)

— S’abîmer, s’effondrer, s’écrouler : La terre fondit sous ses pas.

... Tel, abandonné de ses poutres usées,
Fond enfin un vieux toit sous les tuiles brisées.
Boileau.

|| Tomber impétueusement : L’orage est près de fondre. Un ouragan fondit sur le navire et le fit pirouetter comme une plume sur un bassin d’eau.(Chateaub.) || S’élancer impétueusement ; être dirigé avec vigueur. L’épervier fond comme une flèche au milieu de la volaille épouvantée.

Vous n’entendez partout qu’injurieux brocards
Et sur vous et sur lui fondre de toutes parts.
Boileau.

Se fondre v. pr. Se liquéfier, passer à l’état, liquide ; se dissoudre : Le sucre se fond à une température assez basse. Le fer est, de tous les métaux, celui qui exige le plus grand degré de chaleur pour se fondre. (Buff.).

L’air se fond en rosée, et, coulant sur la terre,
Porte de veine en veine une humeur salutaire.
H.Cantel.

— S’unir par des nuances graduelles, en parlant de couleurs différentes : Les couleurs de ce tableau sont dures et ne se fondent pas assez.

— Disparaître graduellement : L’argent se fond dans ses mains. Il arrive presque continuellement aujourd’hui que des armées, sans avoir combattu, se fondent, pour ainsi dire, dans une campagne. (Montesq.)

— Par exagér. Se fondre en eau, Se dit du ciel, lorsqu’il pleut abondamment :

On dirait que le ciel, qui se fond tout en eau.
Veuille inonder ces lieux d’un déluge nouveau.
Boileau.

Antonymes. Coaguler, figer, solidifier, concréfier.

FONDRIER adj. m. (fon-drié — rad. fond). Navig. Qui est trop lourd pour flotter, en parlant du bois : Bois fondrier. Train fondrier.

— s. m. Bois ou train fondrier : Du fondrier. Un fondrier.

— Techn. Mur qui termine le fourneau d’une saline.

FONDRIÈRE s. f. (fon-driè-re — rad. fondre). Endroit du terrain qui se trouve accidentellement plus bas que les terrains environnants : Des fondrières causées par un éboulement souterrain, creusées par des pluies torrentielles. Il faut, non pas quelques années, mais quelques mois seulement de négligence, pour changer en fondrières ce sol artificiel que les hommes créent sur la terre pour y rouler leurs fardeaux. (Thiers.)

FONDRILLES s. f. pl. (fon-dri-lle ; ll mll. — rad. fond). Vase, lie qui se dépose au fond d’un liquide. || Dépôt qui se forme dans le bouillon.

FONDS s. m. (fon — lat. fundus, proprement creux, de la racine sanscrite bundh, budh, creuser. M. Littré fait remarquer avec raison que le s de fonds n’est pas autre chose que le s du nominatif dans l’ancien français, qui est resté comme dans fils, et il ajoute que la distinction que l’on a essayé d’établir entre fond et fonds, à l’aide de ce s accidentel, est tout a fait ignorée des auteurs un peu anciens). Terre considérée comme moyen de productions, de récoltes : Acheter un fonds. Cultiver un fonds. Bâtir sur son fonds. Être riche en fonds de terre. L’homme heureux par la vérité a sa fortune en fonds de terre et en bonnes constitutions. (Chamfort.)

Biens-fonds, Immeubles : Il est riche en terres, maisons et autres biens-fonds.

— Par ext. Nue propriété, par opposition à usufruit : Le fonds m’importe peu, pourvu que je touche les revenus. || Capital, par opposition à intérêt : Mangez vos revenus, mais ne touchez pas au fonds. Le revenu ne peut s’accroitre que par l’accroissement du fonds productif. (Proudh.)

Jean s’en alla comme il était venu,
Mangeant son fonds avec son revenu.
La Fontaine.

— Fam. Argent comptant : Être en fonds. Manquer de fonds. Mes fonds sont bas.

— Par anal. Ressource, objet exploitable :

Travaillez, prenez de la peine,
C’est le fonds qui manque le moins.
La Fontaine.

|| Matière, objet qui sert à en produire d’autres : Les végétaux paraissent être le premier fonds de la nature. (Buff.) || Sujet, objet qui peut fournir des développements : Un fonds très-riche et non encore exploité par les poètes. Les idées sont des fonds qui ne portent intérêts qu’entre les mains du talent. (Rivarol.)

— Fig. Ressource ou ensemble de ressources, de qualités morales, bonnes ou mauvaises : Un fonds de science. Un fonds de vertus. Bien des gens épuisent leur fonds philosophique en conseils pour leurs amis, et en demeurent dépourvus pour eux-mêmes, (La Rochef.) L’hypocrisie, la vénalité, la prostitution, le vol, forment le fonds de la conscience publique. (Proudh.)

Mettre, placer son argent, ses biens à fonds perdu, Céder son argent, ses biens, moyennant une rente viagère : Tout père de famille qui veut placer de l’argent à fonds perdu doit préférer le mettre sur la tête d’un enfant d’un an, plutôt que sur la sienne, s’il est âgé de plus de vingt-un ans. (Buff.)

— Jurispr. Fonds dotal, Immeubles qui constituent une dot.

— Comm. Établissement commercial, avec tous ses accessoires, meubles spéciaux, marchandises, local, clientèle, etc. : Un fonds d’épicier, de marchand de vin, de boulanger. Vendre son fonds. Acheter un fonds. Au cas de faillite de l’acheteur, le vendeur n’a aucun privilège pour le fonds qu’il a vendu. (Bousquet.) || Mise de fonds, Capital employé à une exploitation industrielle ou commerciale : La mise de fonds est de 100,000 fr. pour chaque associé. Les actions sont la mise de fonds d’une entreprise ; les obligations en représentent les emprunts. (Proudh.) || Fonds social, Biens possédés en commun par une société industrielle ou commerciale.

— Fin. Fonds publics ou simplement Fonds, Sommes que les caisses publiques consacrent à payer les intérêts dus a leurs créanciers. || Rentes ou actions sur l’État : Les fonds publics sont en hausse. Les fonds publics ont baissé. Les négociants évitent de spéculer sur les fonds publics en ce moment. || Fonds constitués, Fonds inscrits au livre de la rente perpétuelle. || Fonds constitués immobilisés, Fonds rachetés par la caisse d’amortissement et retirés de la spéculation. || Fonds constitués classés, Fonds possédés par des personnes qui n’ont ni l’habitude ni le besoin de les transmettre, et dont le placement actuel paraît devoir être durable. || Fonds flottants, Fonds provenant d’emprunts à terme rapproché. || Fonds constitués flottants, Fonds constitués qui passent à la bourse de main en main, || Fonds secrets, Fonds qui figurent au budget, mais dont le gouvernement est dispensé de justifier l’emploi. || Bureau des fonds, Caisse de l’administration, dans les grandes villes maritimes.

— Jeux. Au lansquenet, Somme que le joueur doit mettre sur une carte.

— Syn. Fonds et fond. V. fond.

— Encycl. Econ. soc. Les mots fonds et revenu expriment deux choses qui ont entre elles une certaine corrélation, comme il ressort de cette expression ;

Manger le fonds avec le revenu.

C’est ce rapport que nous allons nous attacher à déterminer. Mais on voit déjà que l’idée de fonds est extrêmement voisine de celle de capital. Nous devons considérer uniquement ici ce que la première de ces deux idées renferme de spécial.

En général, le mot fonds s’applique à des choses ayant une grande durée, qui ne sont pas susceptibles d’être consommées en nature, ni tout de suite, ni après avoir subi des façons et des modifications, et que l’on garde seulement parce qu’elles sont des sources de puissance, d’utilité ou d’agrément. Les principales sont : les terres labourables, les prairies et les pâtures, les forêts, les amas et, les courants d’eau, les mines et les carrières, les facultés personnelles, qui consistent principalement en force musculaire, adresse corporelle, capacité scientifique, talent artistique et littéraire. Les titres de professions privilégiées et monopolisées, comme celles de notaire, d’avoué, d’huissier, de greffier, d’agent de change, de commissaire-priseur et de courtier, sont aussi des fonds. Il en est de même du droit exclusif d’exploiter une invention, une machine, un engin quelconque, pour lequel on a pris un brevet. Pour celui qui exerce une profession industrielle ou commerciale, l’aptitude spéciale, qu’elle soit naturelle ou acquise, constitue un fonds. L’ouvrier a aussi un fonds qui consiste dans ses organes, sa force et son adresse. Toutes les choses que nous venons d’énumérer sont des fonds pour celui qui les possède, et uniquement des fonds, parce que, s’il en tire quelque chose, sous forme de jouissance ou de valeur échangeable, il ne les consomme pas elles-mêmes.

Maintenant, si l’on veut savoir quels sont les rapports du fonds et du revenu, il faut ne comprendre dans le fonds que des choses qui soient des propriétés particulières et considérer le fonds et le revenu par rapport à leur possesseur. Parmi celles qui constituent le fonds de chacun, il y en a qui, comme les facultés personnelles, ne sont pas susceptibles d’être aliénées. Ce caractère suffît pour qu’elles ne puissent pas appartenir au revenu. Quant aux richesses échangeables, celles qui constituent le fonds et celles qui composent le revenu ont un attribut commun, celui d’avoir toujours une valeur d’échange plus ou moins grande. En quoi consiste donc leur différence ? Pour la faire comprendre, nous allons définir le revenu en tenant compte de la possibilité de l’échange.

Pour certains auteurs, le revenu de chacun est la portion de richesse qu’il peut consommer, sans devenir plus pauvre. Pour d’autres, c’est la valeur dont une personne se serait enrichie dans un temps donné, si elle n’avait rien dépensé. Il est facile de voir que ces deux définitions représentent la même chose exactement et qu’elles ne diffèrent que par les termes; mais la seconde nous semble plus conforme a l’étymologie et montre mieux que le revenu est une valeur qui vient grossir notre actif. Lorsque, dans un temps donné, la dépense a été compensée par la recette, celle-ci est en quelque sorte la valeur de la dépense, qui revient sous une forme ou sous une autre, et c’est sans doute pour cela qu’on l’appelle le revenu. Du reste, les deux définitions sont exactes, parce qu’elles représentent le sens que l’usage donne aux mots, et leur vérité subsiste, quelle que soit la forme de la richesse qui a été dépensée et de la richesse qui a été acquise.

Voici une conséquence à tirer de cette définition. Si l’on considère le fonds et le revenu par rapport aux possesseurs, et si, en même temps, on tient compte de la possibilité de l’échange, on verra que ce n’est pas la nature propre de chaque valeur qui est cause qu’elle appartient au fonds ou au revenu. En effet, si tout ce qui vient accroître l’actif dans un temps donné fait partie du revenu, celui-ci peut consister en immeubles qui nous arrivent par succession ou par donation entre vifs, tout aussi bien qu’en fruits naturels ou en fruits civils. D’une autre part, le fonds d’une personne peut consister tout aussi bien en argent rapportant des intérêts qu’en maisons et en propriétés foncières. Ainsi, en ne considérant les richesses que dans leur valeur et en tenant compte de la possibilité de les échanger les unes contre les autres, on trouve que ce n’est pas leur nature qui fait qu’elles appartiennent au fonds ou au revenu, tels que nous les avons définis.

Mais le point de vue changera, si l’on fait abstraction de la possibilité de l’échange et si l’on considère l’emploi que le possesseur peut faire des richesses qui sont entre ses mains. Pour plus de simplicité, on pourrait considérer toute une société prise collectivement et se demander en quoi consiste son fonds et en quoi consiste son revenu.

Or, si l’on se place à ce point de vue, on verra que le fonds s’identifie jusqu’à un certain point avec le capital, mais qu’il comprend quelque chose de plus. En effet, le mot fonds s’applique à des moyens de jouissance et de production tels que la chaleur, la lumière et l’air atmosphérique, qui ne sont pas des propriétés privées et qu’on n’appelle pas des capitaux, parce qu’elles n’ont pas de valeur d’échange. Les facultés personnelles, telles que la force musculaire, la prévoyance et le talent constituent un fonds pour celui qui les possède, et cependant on ne les appelle pas des capitaux, parce que ce nom ne se donne guère qu’a des choses qui sont distinctes de la personne du possesseur. Si les esclaves sont appelés des capitaux, c’est parce qu’ayant une valeur vénale et pouvant produire des revenus, ils ne s’appartiennent pas à eux-mêmes et sont l’analogue d’une bête de somme. Quant aux fonds qui sont aussi des capitaux, on ne les distingue des autres valeurs échangeables que parce qu’ils sont ou appliqués ou destinés, non à la consommation, mais à la production et qu’ainsi ils peuvent donner des revenus. V. capital.

— Législ. Fonds dominant et fonds servant. Relativement aux servitudes, ou services fonciers, on nomme fonds dominant celui au profit duquel la servitude est établie, et fonds servant celui qui est assujetti à la charge au profit d’un autre héritage.

Aux termes de l’article 701 du code civil, le propriétaire du fonds servant ne peut rien. faire qui tende à en diminuer l’usage ou à le rendre plus incommode. Ainsi, il ne peut changer l’état des lieux ni transporter l’exercice de la servitude dans un endroit différent de celui où elle a été primitivement assignée. Mais, cependant, si cette assignation primitive était devenue plus onéreuse au propriétaire du fonds servant, ou si elle l’empêchait d’y faire des réparations avantageuses, il pourrait offrir au propriétaire du fonds dominant un endroit aussi commode pour l’exercice de ses droits et celui-ci ne pourrait pas le refuser.

Toutefois, le propriétaire du fonds servant peut être privé de la faculté de changer l’assiette de la servitude, si le titre constitutif de la servitude stipule formellement que les lieux resteront dans le même état. Ainsi, dans le cas où une pareille convention a été stipulée dans le titre constitutif d’une servitude d’égout, le propriétaire du fonds servant ne peut exhausser le mur mitoyen du haut duquel découlent les eaux, qu’à la charge d’en conserver la chute.

Pour savoir si celui qui doit une servitude peut la déplacer sans préjudiciel : au fonds dominant, il ne faut avoir égard qu’à l’état où se trouvait ce fonds à l’époque où elle a été établie, et non aux innovations opérées sur ce fonds ou projetées depuis la constitution de la servitude.

Dans le cas où le propriétaire du fonds servant est chargé par le titre de faire à ses frais les ouvrages nécessaires pour l’usage ou la conservation de la servitude, il peut toujours s’affranchir de la charge en abandonnant le fonds assujetti au propriétaire du fonds dominant.

Le propriétaire du fonds servant serait-il tenu, dans ce cas, d’abandonner la totalité du fonds ou seulement la partie sur laquelle la servitude s’exerce ?

La raison veut que le propriétaire du fonds servant ne soit tenu d’abandonner que la partie de son fonds qui est assujettie à la servitude. On comprend que la faculté d’abandon serait illusoire s’il en était autrement.

On nomme fonds de succession tout ce qui compose une succession, actif et passif.

En vue de déterminer à quelles dépenses ou à quelles dettes doivent être affectés les divers fruits, on distingue, dans un compte de succession, les fruits produits à l’époque de l’ouverture, et qui sont ajoutés aux fonds ou capitaux, et les fruits produits depuis l’ouverture et qui sont détachés de la masse.

Les fonds de succession comprennent non-seulement toutes les sommes capitales, mais encore tous les revenus actifs ou passifs, que le tout soit ou non exigible à la même époque.

La distinction des fonds d’avec les fruits de succession a pour objet de faciliter l’application particulière des recettes en capitaux et en revenus aux dépenses relatives a chacun de ces objets.

Quant aux fruits, il est de règle en matière de succession que les fruits échus depuis le décès augmentent l’hérédité : Fructus augent hæreditatem.

— Jurispr. Fonds de commerce. Le matériel d’un établissement industriel ou commercial, les marchandises de nature quelconque qui l’approvisionnent, l’achalandage qui y est attaché, les créances actives, ainsi que les dettes passives qui en dépendent, et enfin, dans la plupart des cas, le droit au bail du local où a lieu l’exploitation, tels sont les éléments multiples dont se compose ce que l’on nomme un fonds de commerce. Cette matière, à raison de son importance et de la multiplicité des mutations dont les fonds de commerce sont l’objet, réclamerait peut-être une