Page:Lassus, Viollet-le-Duc - Projet de restauration de Notre-Dame de Paris.djvu/21

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page a été validée par deux contributeurs.


Le père Dubreul nous donne des renseignemens curieux sur cette partie intéressante de l’ornementation de Notre-Dame, dont il ne reste que les portions adossées aux stalles[1].

Il existe un procès-verbal, daté de 1699, de la démolition de l’ancien autel qui indique d’une manière fort exacte la disposition si intéressante de cet autel, de ce qui l’entourait, sa décoration, et jusqu’aux plus menus détails. Ce procès-verbal décrit aussi très minutieusement et la châsse de Saint-Marcel, qui était placée derrière le maître-autel avec son riche dais supporté par quatre colonnes de cuivre, et le petit autel des ardens, placé derrière cette châsse[2].

Trois siècles avaient travaillé à l’achèvement de cette reine des cathédrales de France, trois siècles avaient jeté dans ce grand monument tout ce qu’ils avaient pu réunir de plus riche ; tout leur art, toute leur science. Trois siècles enfin étaient parvenus à parfaire l’œuvre commencée par le pieux évêque Maurice de Sully. Le monument était complet. Pourquoi ne pas l’avoir conservé ainsi ? À partir du XIIIe siècle ce n’est plus, pour l’église Notre-Dame, qu’une suite de mutilations, de changemens sous prétexte d’embellissemens.

De cette époque, ce ne sont plus tant les intempéries des saisons qui détruisent une si belle œuvre que la main des hommes.

Lorsqu’on énumère cette suite de destructions, on ne comprend pas comment il reste encore de si beaux vestiges de l’ancien édifice. Nous

  1. Le chœur de l’église Notre-Dame est clos d’un mur percé à jour autour du grand autel, au haut duquel sont représentés en grands personnages de pierre, dorés et bien peints, l’Histoire du Nouveau-Testament, et, plus bas, l’Histoire du Vieux-Testament, avec des écrits au-dessous qui expliquent lesdites histoires. Le grand Crucifix qui est au-dessus de la grande porte du chœur avec la croix, n’est que d’une pièce ; et le pied d’iceluy, fait en arcade, d’une autre seule pièce, qui sont deux chefs-d’œuvre de taille et de sculpture. (Dubreul. — Théâtre des antiquités de Paris.)
  2. Descriptions historiques des curiosités de l’église de Paris, par M. C. P. G., 1763. Paris.
3