Page:Lavergne, Jean Coste - 1908.djvu/34

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— Voilà votre escalier et voici le mien.

Elle s’empara d’un trousseau de clefs, accroché au mur, et, très aimable, les invita à monter.

Sur le palier, elle ouvrit une porte.

— La salle de la mairie, — fit-elle, — qui vous appartient un peu… C’est là que travaillait votre prédécesseur comme secrétaire de mairie…

Une grande table ronde, des chaises en paille, une bibliothèque contenant les archives et quelques livres, deux ou trois gravures encadrées et le buste de la République composaient tout l’ameublement de la salle.

— Combien aurai-je pour ce travail ? — s’informa Coste.

— Deux cent cinquante francs… Ob ! ce n’est pas bien pénible… Louise et son mari se regardèrent, un peu déçus par ce chiffre. Ils comptaient sur quatre cents ou au moins sur trois cents francs.

— Et les parents ?… — demanda Jean. —

Vous ne serez guère ennuyé par eux, — répondit l’institutrice. — Ils sont toute la journée à leur travail, dans les bois ou les vignes, jusqu’à la nuit close. Le dimanche, ils songent plutôt à se reposer qu’à venir nous tracasser… Même, je trouve qu’ils se désintéressent trop de ce que leurs enfants font à l’école.

— Certes, — dit Coste, — il est préférable qu’ils ne nous ennuient pas trop de plaintes ou récriminations absurdes ; mais il serait bon, d’un autre côté, de pouvoir compter sur eux et, dans certains cas, de voir leur autorité et leur surveillance appuyer nos efforts.

— Et, — hasarda timidement Louise — sont-ils gentils et reconnaissants ?

L’institutrice comprit et sourit.

— Pas trop… Voilà plus de vingt ans que j’habite Maleval et la circulaire ministérielle qui défend aux instituteurs