Page:Lavergne, Jean Coste - 1908.djvu/76

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ses éternelles plaintes ; Louise, elle, souffrait de son cœur qui bondissait parfois dans sa poitrine comme s’il allait éclater, et s’énervait d’entendre geindre ainsi sa belle-mère. Jean s’empressait alors de remonter auprès d’elles ; il craignait qu’en son absence Louise n’eût une de ces syncopes qui, depuis quelque temps, la laissaient froide et comme morte, après des crises d’étouffement et qui, pour l’aveugle grognant dans un coin, n’étaient que « les attaques de nerfs d’une femmelette qui veut se faire plaindre ».

Ainsi sa vie coulait, sans repos, sans bonheur, entre ces deux femmes qui se détestaient, que, seule, sa présence apaisait, car, à charge l’une à l’autre, elles en venaient peu à peu sinon à se chamailler, du moins à se renvoyer d’une voix basse, mais intelligible, plus d’une réflexion désobligeante, prélude d’un éclat prochain. Jean prévoyait, redoutait entre sa mère et sa femme quelque scène pénible, de jour en jour inévitable, imminente.

X

Aux premiers jours de mars, Jean, inquiet pour Louise, la conduisit chez un docteur de Montclapiers. Pour parer à la dépense, il avait prélevé trente francs sur son traitement mensuel, avant de payer les fournisseurs.

Le médecin déclara que Louise avait une maladie de cœur. Il prescrivit, lui aussi, beaucoup de ménagements, un repos complet, une alimentation choisie, bref tout un traitement dispendieux.

Coste laissa dix francs pour la consultation et autant chez un pharmacien pour le prix des médicaments ordonnés.