Page:Lavergne, Jean Coste - 1908.djvu/78

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tures et frôlaient sa misère ; de ces riches, indifférents à la pauvreté de tant de milliers d’êtres, leurs semblables ; de ces favorisés, dont une seule prodigalité aurait suffi pour lui assurer la tranquillité, qu’il avait perdue.

XI

À la suite de ce voyage à Montclapiers, Coste eut à subir de plus belle les allusions de certains fournisseurs, peu satisfaits de la petite somme qu’il leur avait envoyée, par la femme de ménage, aux premiers jours du mois.

Bien souvent, la pensée d’un emprunt quelconque — de quoi faire taire ces gens-là — le hantait. Prompt à s’illusionner, malgré ses déboires, il s’imaginait que, s’il pouvait jamais se débarrasser de l’arriéré — son boulet, comme il disait, — il lui serait possible, en dépit de ses charges accablantes, de vivre humblement mais sans s’endetter. Louise ne serait pas toujours malade ; un bon traitement, des soins empressés la remettraient vite ; du jour où, plus ingambe, elle s’occuperait de la direction du ménage, lui, Coste, se remuerait, trouverait, pour employer ses heures de loisir d’autres besognes, des copies, par exemple, pour notaires et huissiers. Gagnant ainsi quelque argent de plus, lui et les siens vivoteraient tranquillement en attendant un poste plus rémunérateur ou une promotion.

— Oui, ces maudites dettes causent seules tout l’ennui, — soupirait-il souvent ; — que je trouve une avance pour quelques années et, une fois le passé liquidé, tout s’arrangera. De nouveau, il passa en revue la liste des amis et connaissances à qui il pourrait s’adresser. Il écrivit à l’un de ses