Page:Lazare - Dictionnaire administratif et historique des rues de Paris et de ses monuments, 1844.djvu/210

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fleurs-de-lis il représentait saint Jean-Baptiste et l’agneau, saint Hugues et le cygne, saint Antoine et le porc. On y voyait aussi le roi Louis XI offrant six chartreux à la Vierge. Les fameux tableaux sur bois de Lesueur, représentant la vie de saint Bruno, étaient encastrés dans les arcs du petit cloitre, qui était orné de pilastres d’ordre dorique. En 1648, Lesueur exécuta ses vingt-cinq tableaux sur bois qui furent donnés au roi par les chartreux. On les plaça d’abord dans la galerie du Luxembourg, puis au Louvre où ils sont aujourd’hui. Vers 1750, on comptait en France soixante dix-sept couvents de chartreux. Cet ordre religieux fut supprimé en 1790. Les biens qui lui appartenaient devinrent propriétés nationales et furent successivement vendus pendant la révolution.

Loi du 27 germinal, l’an VI de la république française une et indivisible. — « Le conseil des Anciens, adoptant les motifs de la déclaration d’urgence qui précède la résolution ci-après, approuve l’acte d’urgence. Suit la teneur de la déclaration d’urgence et de la résolution : — Du 23 frimaire an VI. Le conseil des Cinq-Cents adoptant, après avoir entendu le rapport d’une commission spéciale chargée d’examiner le message du Directoire exécutif du 29 germinal an V, sur la distribution et l’emploi de l’enclos des ci-devant chartreux de Paris, et relatif à plusieurs soumissions faites de partie de ce terrain. Considérant que la vente des portions de ce domaine non utiles au service public étant suspendue, jusqu’à ce qu’il soit statué sur le plan général proposé pour la distribution et percement de cet enclos, et les communications plus commodes qu’ils procureront entre la route d’Orléans et le faubourg Saint-Germain, sans dépense notable, et même avec avantage, par l’augmentation du produit des ventes des différents domaines nationaux situés dans la partie méridionale de Paris déclare qu’il y a urgence et prend la résolution suivante : — Article 1er. Conformément au plan annexé à la présente, il sera formé une place circulaire au pourtour de l’Observatoire de Paris. — Art. 2. L’avenue du palais directorial, du côté du jardin, sera prolongée jusqu’à la place de l’Observatoire, et passera à travers les boulevards dits du Mont-Parnasse. — Art. 3. En deçà des boulevards, il sera établi une place triangulaire au point marqué sur le même plan. Une rue parallèle à celle dite d’Enfer sera ouverte dans la même direction, et communiquera de la place triangulaire à celle dite Saint-Michel. Une autre rue partant de la même place, et dans la direction de celle de Notre-Dame-des-Champs, communiquera à la rue de Vaugirard. — Art. 4. Le terrain qui se trouve entre les deux rues neuves et le jardin du palais directorial, ne sera point vendu, il sera conservé pour être employé à des pépinières ou autres établissements pour l’instruction des citoyens, l’amélioration ou l’encouragement de l’agriculture, etc… Après une seconde lecture le conseil des Anciens approuve la résolution ci-dessus. Le 27 germinal an VI de la république française. Signé Mollevaud, président, J.-H. Artauld, Mailly, Havin, secrétaires. — Le Directoire exécutif ordonne que la loi ci-dessus sera publiée, exécutée et qu’elle sera munie du sceau de la république. Fait au palais national du Directoire exécutif, le 28 germinal an VI de la république française une et indivisible. Pour expédition conforme, le président du Directoire exécutif : signé Merlin. » En vertu de cette loi, on a percé les rues de l’Est et de l’Ouest, qui doivent ces dénominations à leur situation, par rapport au jardin du Luxembourg. L’avenue de l’Observatoire a été également formée, mais la place circulaire n’a pas été exécutée. La place triangulaire porte aujourd’hui le nom de carrefour de l’Observatoire. Les autres terrains provenant des chartreux ont été réunis au jardin du Luxembourg. La rue de l’Est a été exécutée sur une largeur de 14 m. ; cette largeur a été maintenue par une décision ministérielle du 3 décembre 1817.


Estienne (rue).

Commence à la rue Boucher, nos 1 bis et 3 ; finit à la rue Béthisy, nos 11 et 13. Le dernier impair est 9 ; le dernier pair, 6. Sa longueur est de 52 m. — 4e arrondissement, quartier du Louvre.

Elle a été ouverte sur l’emplacement de l’ancien hôtel des Monnaies, en vertu des lettres-patentes du mois d’août 1776, que nous avons citées à l’article de la rue Boucher. — Une décision ministérielle du 13 floréal an IX, signée Chaptal, fixa la largeur de cette voie publique à 6 m. En vertu d’une ordonnance royale du 19 juillet 1840, cette largeur est portée à 12 m. Les constructions du côté gauche sont soumises à un retranchement de 5 m. ; celles du côté droit devront reculer de 2 m. — Conduite d’eau depuis la rue Béthisy jusqu’à la borne-fontaine. — Éclairage au gaz (compe Anglaise).

Henry-Isaac Estienne, écuyer, ancien bâtonnier de l’ordre des avocats au parlement de Paris, fut échevin de 1773 à 1775.


Estrapade (rue de la Vieille-).

Commence aux rues Neuve-Sainte-Geneviève, no 2 et Fourcy ; finit aux rues des Postes, no 1 et des Fossés-Saint-Jacques, no 19. Le dernier impair est 29. Pas de numéro pair ; ce côté est bordé par des murs de clôture. Sa longueur est de 204 m. — 12e arrondissement. Les numéros impairs sont du quartier de l’Observatoire ; le côté opposé dépend du quartier Saint-Jacques.

Bâtie sur l’emplacement du mur d’enceinte de Philippe-Auguste, elle prit d’abord le nom de rue des Fossés-Saint-Marcel. On la désigna ensuite sous le nom de rue de l’Estrapade, en raison du supplice barbare de l’estrapade qu’on y infligeait autrefois aux soldats. Ce supplice consistait à lier les mains du condamné derrière le dos et à l’élever à une certaine hauteur d’où on le laissait