Page:Lazare - Dictionnaire administratif et historique des rues de Paris et de ses monuments, 1844.djvu/557

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— Les numéros impairs sont du 3e arrondissement, quartier Montmartre ; les numéros pairs dépendent du 2e arrondissement, quartier du Faubourg-Montmartre.

Des lettres-patentes du mois de juillet 1676, ordonnèrent la formation de ce boulevart, qui doit sa dénomination à la rue Poissonnière, où il prend naissance. La largeur de la chaussée est de 19 m. — Une ordonnance royale du 4 mai 1826 a déterminé pour cette voie publique un alignement qui fixe la ligne des constructions à 2 m. de distance du centre des arbres des contr’allées. Les constructions ci-après sont alignées : partie du no 1, 3, 5, partie du no 7, 9, partie du no 23, 27 ; 2, 4, 8, 10, 12, et de 14 à 28 ; le surplus n’est assujetti qu’à un faible retranchement. — Conduite d’eau. — Éclairage au gaz (compes Française et Anglaise).

Poissonnière (chemin de ronde de la barrière).

Commence à la rue du Faubourg-Poissonnière et à la barrière Poissonnière ; finit aux rue et barrière Rochechouart. Pas de numéro. Sa longueur est de 188 m. — 2e arrondissement, quartier du Faubourg-Montmartre.

(Voir l’article Chemins de ronde.)

Poissonnière (rue).

Commence à la rue de Cléry, nos 29 et 31 ; finit aux boulevarts Poissonnière, no 1, et Bonne-Nouvelle, no 37. Le dernier impair est 37 ; le dernier pair, 46. Sa longueur est de 226 m. — Les numéros impairs sont du 3e arrondissement, quartier Montmartre ; les numéros pairs, du 5e arrondissement, quartier Bonne-Nouvelle.

Ce n’était encore en 1290, qu’un chemin nommé la Vallée-aux-Voleurs. Ce terrain faisait partie du clos aux halliers, autrement dit les masures Saint-Magloire. Ce fut ensuite le chemin ou la rue des Poissonniers, parce que les marchands de marée la suivaient pour porter leurs poissons aux halles. Cette rue était hors de l’enceinte de Paris achevée en 1383. Elle ne fut entièrement bordée de constructions qu’en 1633. — Une décision ministérielle du 3 ventôse an X, signée Chaptal, fixa la moindre largeur de cette voie publique à 10 m. Cette moindre largeur a été portée à 12 m. en vertu d’une ordonnance royale du 22 août 1840. Propriétés de 1 à 5, retranch. 3 m. à 3 m. 70 c. ; de 7 à 31, ret. 4 m. à 4 m. 30 c. ; 33, ret. 1 m. 80 c. ; 35, ret. réduit 1 m. 20 c. ; 37, alignée ; 2, 4, et partie du no 6, redress. ; surplus du no 6, alignée ; de 8 à 30, alignées ; de 32 à 38, redress. ; de 40 à 44, ret. 20 c. à 32 c. ; 46, alignée. — Égout entre la rue de la Lune et le boulevart. — Conduite d’eau dans toute l’étendue. — Éclairage au gaz (compe Française).

Poissonnière (rue du Faubourg-).

Commence aux boulevarts Poissonnière, no 2, et Bonne-Nouvelle, no 42 ; finit aux chemins de ronde des barrières Poissonnière et Saint-Denis. Le dernier impair est 115 ; le dernier pair, 140. Sa longueur est de 1108 m. — Les numéros impairs sont du 2e arrondissement, quartier du Faubourg-Montmartre ; les numéros pairs du 3e arrondissement, quartier du Faubourg-Poissonnière.

Ce territoire comptait un grand nombre d’habitations au commencement du XVIIe siècle. Il fut érigé en faubourg en 1648, et l’on donna vers cette époque à la grande rue qui le traversait le nom de chaussée de la Nouvelle-France (c’était la dénomination affectée à une partie de ce territoire). Cette voie publique prit vers 1660 la dénomination de Sainte-Anne, en raison d’une chapelle qu’on y avait construite sous l’invocation de sainte Anne. Elle se nomme enfin rue du Faubourg-Poissonnière, parce qu’elle prolonge la rue Poissonnière au-delà du boulevart. — Une décision ministérielle du 18 messidor an IX, signée Chaptal, a fixé la moindre largeur de cette voie publique à 11 m. Les propriétés ci-après ne sont pas soumises à retranchement : encoignure du boulevart, de 11 à 75 inclus ; de 91 à la fin ; de 2 à 26, 36, 40 ; de 46 à 50 inclus, 54, 56 ; de 62 à 88 inclus, partie du no 90, de 92 à 106 inclus ; de 110 à 138 inclus. — Égout depuis le boulevart jusqu’à la rue Chabrol. — Conduite d’eau entre le boulevart et la rue de l’Abattoir. — Éclairage au gaz (compe Française).

Au commencement du XVIIIe siècle, on voyait encore sur le rempart, à côté du faubourg, la porte Sainte-Anne, dont la construction datait de 1645. Elle fut démolie vers 1715.

Au coin de la rue Bergère est situé le Conservatoire de Musique. Sur la proposition du baron de Breteuil, cet établissement fut créé par arrêt du conseil du 3 janvier 1784, sous le nom d’École royale de chant et de déclamation. Ouverte le 1er avril de la même année, sous la direction de Gossec, elle était destinée à fournir des sujets à l’Opéra. On y enseignait le chant, la musique instrumentale, l’harmonie, la composition musicale et la danse. En 1786, sur le rapport du duc de Duras, une école de déclamation pour le Théâtre-Français fut annexée à cet établissement.

Les artistes les plus célèbres de l’époque, Molé, Fleury, Dugazon, en ont été les premiers professeurs. Talma y forma son génie aux leçons de ces grands maîtres. L’année 1789 vit tomber cette école naissante. Heureusement un amateur éclairé des arts, M. Sarrette, en réunit les débris et leur donna une nouvelle vie. Quarante-cinq musiciens des gardes françaises se joignirent à lui et formèrent le noyau de la musique de la garde civique ; quelque temps après le corps municipal porta à soixante-dix-huit le nombre des exécutants, et créa, en 1792, une école gratuite de musique, qui, placée d’abord dans la rue Saint-Pierre-Montmartre, fut ensuite transférée dans la rue Saint-Joseph. Au mois de novembre 1793, le nom d’Institut national de musique fut donné à cet établissement, qui l’échangea deux ans après contre celui de Conservatoire de musique.

Définitivement constitué par l’empereur, le Conservatoire fut placé dans l’ancien hôtel des Menus-Plaisirs.