Page:Lazare - Dictionnaire administratif et historique des rues de Paris et de ses monuments, 1844.djvu/619

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sous le nom de rue du Chantier ; d’autres ne la distinguent point de la rue du Gros-Chenet, dont elle forme le prolongement. — Une décision ministérielle du 8 prairial an VII, signée François de Neufchâteau, fixa la moindre largeur de cette voie publique à 8 m. En vertu d’une ordonnance royale du 4 mai 1826, cette largeur est portée à 10 m. Propriétés nos 1, 3, retranch. 40 c. environ ; pas de nos 5 et 7 ; partie du no 9, alignée ; surplus du no 9 et maison no 11, ret. 35 c. à 50 c. ; 13, ret. réduit 40 c. ; de 15 à la fin, alignées, sauf redress. ; 2, alignée, pas de no 4 ; de 6 la fin, ret. 1 m. 50 c. à 2 m. — Éclairage au gaz (compe Française).

Serpente (rue).

Commence à la rue de la Harpe, nos 38 et 40 ; finit à la rue Hautefeuille, nos 7 et 9. Le dernier impair est 13 ; le dernier pair, 16. Sa longueur est de 98 m.11e arrondissement, quartier de l’École-de-Médecine.

Cette voie publique, ouverte en 1179, prit le nom de rue Serpente, en raison des sinuosités qu’elle décrivait. Un acte du mois de juin 1263 l’appelle Vicus Tortuosus qui est ab oppositis Palatii Termarum. Le poète Guillot écrivait en 1300, rue de la Serpent. — Une décision ministérielle du 26 prairial an VII, signée François de Neufchâteau, a fixé la largeur de cette voie publique à 7 m. Les deux maisons situées après le no 13, sont à l’alignement. — Conduite d’eau depuis la rue de la Harpe jusqu’à la borne-fontaine.

Le collége de Tours était situé dans cette rue au no 7. Il fut fondé en 1330, par Étienne de Bourgueil, archevêque de Tours, en faveur d’un principal et de six boursiers. Il a été réuni à l’Université en 1763. Les bâtiments qui contenaient en superficie 200 m. 74 c., devinrent propriétés nationales en 1790, et furent vendus le 21 août 1793.

Servandoni (rue).

Commence à la rue Palatine, no 5 ; finit à la rue de Vaugirard, nos 42 et 44. Le dernier impair est 33 ; le dernier pair, 32. Sa longueur est de 170 m.11e arrondissement, quartier du Luxembourg.

La partie comprise entre la rue Palatine et celle du Canivet s’appelait au XVIIe siècle rue du Pied-de-Biche ; le surplus portait le nom de rue du Fer-à-Cheval. Vers 1710, ces deux parties étaient confondues sous la seule et même dénomination de rue du Fossoyeur, parce que le fossoyeur de la paroisse Saint-Sulpice y demeurait. — Une décision ministérielle du 7 fructidor an X, signée Chaptal, fixa la largeur de cette voie publique à 8 m. En 1806, elle reçut le nom de rue Servandoni. — Une ordonnance royale du 3 septembre 1843 a porté sa moindre largeur à 10 m. Propriétés nos 1 et 3, alignées ; 5, retranch. réduit 1 m. 80 c. ; 7, ret. réduit 90 c. ; 11, ret. réduit 2 m. ; de 13 à 19, ret. réduit 2 m. 30 c. ; 21, ret. réduit 3 m. 20 c. ; 23, ret. 3 m. 40 c. ; 25, ret. réduit 3 m. ; 27, ret. réduit 2 m. 60 c. ; 29, ret. réduit 2 m.10 c. ; 31, ret. réduit 1 m. 50 c. ; 33, ret. réduit 1 m. ; 4, 6, ret. 2 m.10 c. à 2 m. 50 c. ; 8, ret. réduit 1 m. 90 c. ; 10, ret. réduit 1 m. 50 c. ; 12, ret. 1 m. 20 c. ; de 14 à 22, ret. 2 m. 20 c. à 2 m. 70 c. ; de 24 à 28, ret. 1 m. 90 c. à 2 m. 20 c. ; 30, ret. réduit 2 m. 40 c. ; 32, ret. réduit 2 m. 80 c. — Conduite d’eau. — Éclairage au gaz (compe Française).

Jean-Jérôme Servandoni, peintre et architecte, naquit à Florence en 1695. Étant venu se fixer en France, il fut reçu membre de l’académie. En 1732, Servandoni l’emporta sur tous ses rivaux pour l’exécution du portail Saint-Sulpice qui avait été mis au concours. Quelque temps après il fut nommé peintre décorateur du roi. Servandoni mourut à Paris, le 19 janvier 1766.

Séverin (église Saint-).

Située dans la rue du même nom. — 11e arrondissement, quartier de la Sorbonne.

Un voile mystérieux entoure le berceau de cet édifice. Quelques écrivains prétendent qu’il occupe la place d’une chapelle dédiée sous le nom de Saint-Clément ; d’autres savants font honneur de sa fondation à saint Séverin, abbé d’Agaune, que Clovis fit venir à Paris, dans l’espoir d’obtenir par l’intercession de ce pieux personnage la guérison d’une fièvre, qui le consumait depuis deux années. Ne pouvant mentionner ici toutes les discussions que l’ancienneté de cette église a soulevées, nous nous bornerons à rappeler l’opinion de Jaillot, qui nous parait très vraisemblable : « Sous le règne de Childebert, dit cet écrivain consciencieux, il y avait à Paris un saint solitaire, nommé Séverin, qui s’était retiré dans un endroit, près de la porte méridionale. Sa sainteté fut reconnue dès son vivant ; elle détermina même Saint-Cloud à se mettre sous sa discipline et à recevoir de lui l’habit monastique. Il est probable que la vénération que ses vertus avaient inspirée aux Parisiens les engagea à bâtir sous son nom un oratoire au lieu même qu’il avait habité, ou à donner son nom à celui qui pouvait y avoir été dès lors érigé. » — Une charte du roi Henri Ier, qui l’appelle Saint-Séverin le solitaire, semble confirmer l’opinion de Jaillot. Cette église, ainsi que les principaux édifices de la capitale, éprouva, dans le IXe siècle, toute la fureur des Normands. Avant cette époque, on avait levé le corps de saint Séverin, pour le transporter à la cathédrale qui conserva ces précieuses reliques. Cependant l’église dédiée au pieux solitaire ne fut pas complètement dévastée par les barbares, car nous la trouvons énoncée dans la charte du roi Henri Ier, parmi les édifices que ce monarque abandonne à l’église de Paris. Saint-Séverin fut rebâti, sans doute, après la mort du prêtre Girauld qui en avait la jouissance pendant sa vie. La population de ce quartier s’étant rapidement augmentée, l’église fut érigée en cure, et le titre d’archiprêtre conféré à celui qui la desservait. Ce titre attribuait au pasteur qui en était honoré, une sorte de prééminence sur toutes les cures