Page:Lazare - Dictionnaire administratif et historique des rues de Paris et de ses monuments, 1844.djvu/669

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fut détruite, et la place reçut le nom de place des Piques. Néanmoins, l’habitude lui conserva, même alors, la dénomination de place Vendôme qu’elle a reprise officiellement à l’avènement de Napoléon. — La bataille d’Austerlitz venait de terminer cette merveilleuse campagne de deux mois, qui fut comptée à tous les militaires pour deux années de service. L’empereur voulut récompenser dignement la grande armée en érigeant, avec le bronze de 1,200 canons enlevés aux Autrichiens et aux Russes, une colonne qui serait dédiée à la gloire de nos soldats. Ce monument fut commencé le 25 août 1806, et terminé le 5 août 1810, sous la direction de M. Denon et de MM. Lepère et Gondoin, architectes. La hauteur totale de la colonne est de 44 m. Depuis sa base, construite sur l’emplacement du piédestal de la statue de Louis XIV, elle est bâtie en pierres de taille, recouvertes de plaques de bronze séparées par un cordon sur lequel on a inscrit l’action représentée dans le tableau au-dessus. Sur les quatre façades du piédestal sont reproduites des armes de guerre et des costumes militaires. Ces ornements sont soutenus à chaque angle par un aigle en bronze pesant 250 kilogrammes. Le tour de la colonne représente les brillants faits d’armes de la campagne de 1805, depuis le départ du camp de Boulogne jusqu’à la bataille d’Austerlitz. Dans l’intérieur du monument on a pratiqué un escalier à vis dont l’entrée est placée à l’une des faces du piédestal, vis-à-vis du jardin des Tuileries. Cet escalier en spirale conduit à une galerie. Sur la colonne était placée la statue de Napoléon, exécutée par Chaudet, membre de l’Institut. L’empereur portait le sceptre et le diadème. En 1814, les Russes voulurent renverser ce monument ; malgré leurs efforts, le bronze de la colonne resta immobile, et la statue de l’empereur fut seule abattue. Fondue quelque temps après, elle servit à la statue de Henri IV, rétablie sur le terre-plein du Pont-Neuf.

Le poids total des bronzes de la colonne de la place Vendôme, d’après les renseignements fournis par M. Lepère, est de 251,367 kilogrammes.

La fonte, exécutée par MM. Launay et Gonon, a coûté 
 164,837 f.
Frais de pesée 
 450 f.
Ciselure par M. Raymond 
 267,219 f.

Frais de modèle, savoir :

À M. Chaudet, pour la statue 
 13,000 f.
À trente-trois autres statuaires, pour les bas-reliefs 
 199,000 f.
À M. Gelée, pour la sculpture d’ornements 
 39,115 f.
Dessins de composition générale des bas-reliefs, par M. Bergeret 
 11,400 f.
Les travaux de construction, maçonnerie, serrurerie, charpenterie, plomberie, etc., se sont élevés à 
 601,979 f.
Les architectes ont reçu pour honoraires 
 50,000 f.
Si l’on ajoute à cette somme la valeur effective du bronze, 251,367 kilogrammes, à raison de 2 f. 50 c. par kilo 
 628,417 f.

Le total est de 
 1,975,417 f.

Quelque temps après la révolution de Juillet, le nouveau gouvernement voulut rendre à la colonne la statue de son fondateur. Une ordonnance royale du 8 avril 1831 en prescrivit le rétablissement. Le 29 juillet 1833, elle fut replacée sur ce monument. L’empereur est représenté avec les insignes militaires si connus du peuple et de l’armée. Cette statue, exécutée par M. Emile Seurre, a occasionné une dépense de 60,000 francs, compris fourniture de bronze, frais de pose, etc. Le nouveau soubassement de la colonne est en granit de Corse. Il a été placé en 1835, et a coûté 76,000 francs.

Égout. — Conduite d’eau. — Éclairage au gaz (compe Anglaise).

Vendôme (rue).

Commence à la rue Charlot, nos 43 et 45 ; finit à la rue du Temple, nos 106 et 108. Le dernier impair est 27 ; le dernier pair, 16. Sa longueur est de 285 m.6e arrondissement, quartier du Temple.

Un arrêt du conseil du 23 novembre 1694 ordonna l’ouverture de cette rue, suivant une direction qui a été modifiée par un autre arrêt du 22 décembre 1696. Ce percement, dont la largeur était fixée à 6 toises, fut immédiatement exécuté sur des terrains provenant du prieuré du Temple. — Une décision ministérielle du 23 brumaire an VIII, signée Quinette, et une ordonnance royale du 16 mai 1833, ont maintenu la largeur primitive. Les propriétés riveraines sont alignées. — Conduite d’eau. — Éclairage au gaz (compe Lacarrière).

Philippe de Vendôme, grand-prieur de France, né en 1655, se signala d’abord sous le duc de Beaufort, lors de l’expédition de Candie. En 1672, il suivit Louis XIV à la conquête de la Hollande. Nommé lieutenant-général en 1693, il eut en 1695 le commandement de la Provence. Dans la guerre de la Succession, Vendôme fut envoyé en Italie où il prit plusieurs places sur les Impériaux. Il se démit du grand prieuré en 1719, et mourut à Paris le 24 janvier 1727.

Venise (impasse de).

Située dans la rue Quincampoix, entre les nos 21 et 23. Le dernier impair est 3 ; le dernier pair, 4 bis. Sa longueur est de 42 m.6e arrondissement, quartier des Lombards.

De 1200 à 1250, c’était la rue de Bierre. En 1315, la rue de Bière par devers Saint-Josse. En 1350, la rue de Bierne, de Bièvre et de Bièvre-sans-Chef. En 1600, on l’appelait rue Verte. En 1616, 1650, rue de Bièvre dite cul-de-sac de la rue Quncampoix. En 1750, cul-de-sac de Venise, en raison de sa proximité de la rue