Page:Lazare - Dictionnaire administratif et historique des rues de Paris et de ses monuments, 1844.djvu/81

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


no 130, et à la place Maubert, no 51. Le dernier impair est 41 ; le dernier pair, 40. Sa longueur est de 197 m. — 12e arrondissement. Les impairs sont du quartier du Jardin-du-Roi ; les pairs, du quartier Saint-Jacques.

La rivière de Bièvre, qui passait autrefois en cet endroit, lui a fait donner le nom de rue de Bièvre, qu’elle portait déjà en 1250. Une décision ministérielle du 3 pluviôse an IX, signée Chaptal, a fixé la moindre largeur de cette voie publique à 8 m. Les maisons nos 23, 25, 27, 29 et 2 sont alignées ; celles qui portent les nos 11, 13, 15 et 37 ne sont soumises qu’à un léger redressement. — Conduite d’eau depuis la rue Saint-Victor jusqu’à la borne-fontaine. — Éclairage au gaz (compe Parisienne).


Billettes (rue des).

Commence à la rue de la Verrerie, nos 26 et 28 ; finit à la rue Sainte-Croix-de-la-Bretonnerie, nos 31 et 33. Le dernier impair est 21 ; le dernier pair, 22. Sa longueur est de 126 m. — 7e arrondissement, quartier du Marché-Saint-Jean.

Dans les lettres de Philippe-Auguste, du mois de décembre 1299, elle est appelée rue des Jardins (vicus Jardinorum, ou de Jardinis). Dans plusieurs actes du XVe siècle, on la trouve indiquée sous le nom de rue où Dieu fut bouilli, du Dieu bouliz. Cette dénomination lui avait été donnée pour rappeler le sacrilège commis par un juif nommé Jonathas, qui plongea dans une chaudière d’eau bouillante une hostie consacrée. Enfin Corrozet l’indique sous le nom de rue des Billettes. Cette rue, selon Sauval, tire sa dénomination d’une espèce de péage qu’on appelait encore de son temps billettes, on raison d’un billot de bois qu’un suspendait à la porte de la maison où ce droit devait être payé. Pour appuyer son opinion, il dit que, la rue de la Verrerie conduisant à l’ancienne porte Saint-Merri, on acquittait sans doute le péage dans une maison de cette rue située au coin de celle des Jardins ; c’est pour ce motif que cette dernière a reçu le nom de rue des Billettes. Jaillot critique cette opinion à peu près en ces termes : Il est vrai qu’on a donné le nom de billette à une petite enseigne posée aux endroits où l’on devait le péage ; mais la rue de la Verrerie n’était pas un chemin royal où l’on pût établir un bureau pour la perception d’un droit pareil. Quant aux marchandises qui devaient acquitter les droits avant d’entrer dans Paris, le paiement devait en être effectué d’un côté de la ville à la porte Baudet (Baudoyer), et de l’autre à la porte Saint-Merri. — Il nous semble plus naturel de dire que cette rue doit son nom aux religieux hospitaliers de Notre-Dame, qui précédèrent les Carmes dans la possession du couvent situé dans cette rue. Nous croyons que ces hospitaliers, qui dans l’origine n’étaient ni tout à fait religieux, ni exactement séculiers, portaient des billettes sur leurs habits, comme des signes propres à les faire reconnaître. Ce fut sans doute par ce motif que le peuple leur a donné ce nom. Billette est un terme de blason donné autrefois à une petite pièce carrée qu’on mettait sur un écu pour signifier constance et fermeté. On donnait aussi le même nom à de petits scapulaires qui avaient une forme toute semblable (voir l’article suivant). — Une décision ministérielle du 28 prairial an IX, signée Chaptal, fixa la largeur de cette voie publique à 7 m. Cette largeur a été portée à 9 m. par une autre décision ministérielle du 18 mai 1818, signée comte Chabrol. — Les maisons nos 6, 8, 9 et 26 ne sont pas soumises à retranchement. — Conduite d’eau depuis la rue de la Verrerie jusqu’à la borne-fontaine. — Éclairage au gaz (compe Lacarrière).


Billettes (temple des).

Situé dans la rue des Billettes, no 18. — 7e arrondissement, quartier du Marché-Saint-Jean.

C’était autrefois l’église du couvent des Carmes-Billettes. Voici de quelle manière les principaux historiens nous racontent l’origine de cette communauté religieuse : Le 12 avril 1290, un juif nommé Jonathas commit un sacrilège en plongeant, comme nous l’avons dit plus haut, une hostie consacrée dans un vase rempli d’eau bouillante. Le peuple, furieux, se rassembla, pénétra de vive-force dans la maison. Le juif est arrêté, condamné, puis brûlé vif. La propriété de la rue des Jardins et les autres biens de Jonathas furent confisqués au profit du roi Philippe-le-Bel. La maison où le crime avait été commis fut donnée par le roi à Reinier Flaming, bourgeois de Paris, qui fit construire, en 1294, sur son emplacement, une chapelle qu’on nomma la maison des Miracles. Cette fondation fut autorisée par une bulle du pape, donnée le 17 juillet 1295. — Guy de Joinville, seigneur de Dongeux ou Dongiers, avait, en 1286, fait bâtir à Boucheraumont, dans le diocèse de Châlons-sur-Marne, un hôpital pour y recevoir les malades et les pauvres passants. Cet hôpital était desservi par une communauté séculière d’hommes et ce femmes, sous le titre et la protection de la Sainte-Vierge ; leurs belles attributions leur avaient fait donner le nom d’Hospitaliers de la Charité-Notre-Dame. Le succès de cet établissement fit naître au fondateur la pensée d’en former un semblable à Paris ; il jeta les yeux sur la maison des Miracles, que Reinier Flaming consentit à lui céder.

Ces religieux n’appartenaient à aucun ordre connu ; ils portaient sur leurs habits de petits scapulaires ou billettes, et le peuple les désigna bientôt sous le nom de religieux des Billettes. Le pape, en 1346, les exempta des censures encourues par l’irrégularité de leur fondation, et leur imposa la règle de saint Augustin. La reine Clémence de Hongrie, épouse de Louis X, enrichit cette communauté qu’on désignait alors sous le nom de couvent où Dieu fut bouilli. Le 26 juillet 1631, ces religieux furent remplacés par les Carmes réformés de l’observance de Rennes. — Le cœur d’Eudes Mézerai,