Page:Lazare - L’Antisémitisme, 1894.djvu/37

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c’est à leurs yeux une abomination », et de quelques versets de l’Exode[1], entre autres ceux-ci : « Voilà les enfants d’Israël qui forment un peuple plus nombreux et plus puissant que nous. Allons, montrons-nous habiles à son égard, empêchons qu’il ne s’accroisse. »

Il est certain que les fils de Jacob, entrés dans la terre de Goschèn sous le pharaon pasteur Aphobis, furent regardés par les Égyptiens avec autant de mépris que les Hyksos, leurs frères, ceux que les textes hiéroglyphiques appellent les lépreux et qui sont nommés plaie et peste par quelques inscriptions[2]. Ils arrivèrent au moment précis où se manifestait contre les envahisseurs asiatiques, haïs à cause de leurs cruautés, un très vivace sentiment national, qui devait aboutir à la guerre de l’indépendance, à la victoire définitive d’Ahmos Ier et à l’asservissement des Hébreux. Toutefois, et à moins d’être le plus farouche des anti-Juifs, on ne peut voir dans ces turbulences lointaines que les incidents d’une lutte entre conquérants et conquis.

Il n’y a antisémitisme réel que lorsque les Juifs, abandonnant leur patrie, s’installent en colons dans des pays étrangers et se trouvent en contact avec des peuples autochtones ou établis de longue date, peuples de mœurs, de race et de religion opposées à celles des Hébreux.

  1. Exode, I, 8, 9, 10.
  2. Inscription d’Aahmés, chef des nautoniers, citée par Ledrain, Hist. du peuple d’lsraël, I, p. 53.