Page:LeMay - Le pèlerin de Sainte-Anne, Tome II, 1877.djvu/10

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de filasse. J’étais à Québec quand son procès a eu lieu ; vous entendiez dire partout : C’est bien ! il n’a pas trop de cinq ans de réclusion ! ou : C’est un fin matois. Il fait le muet : il va retrouver la parole au pénitencier.

Noémie dit : Je suis bien sûre que les voleurs sont ces drôles qui ont bu mon lait.

— Et qui t’ont embrassée ! ajoute Dufresne.

Noémie rougit.

— Chose singulière, personne ne les a vus ces vauriens, observe Déry.

— Oui, la mère Mignon Matte a dit à Joson Vidal qu’elle les avait rencontrés dans le haut du champ. Elle ne les a pas remarqués et n’en a pas parlé dans le temps ; mais aujourd’hui elle se les remet bien.

— C’est vrai ! le père Joson l’a dit chez nous.

— Ce pauvre Pagé, reprend un autre, sa bonne action va lui coûter cher.

— Tu vas voir, Philippe, c’est cette affaire qui va mettre la police sur la piste des vrais voleurs.

— Cela se pourrait.

— Ah ! madame Asselin, attention au feu !