Page:LeMay - Le pèlerin de Sainte-Anne, Tome II, 1877.djvu/180

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– Va-t-en ! sors ! crie la folle en fureur, ou je te déchire en lambeaux !…

Et elle faisait jouer l’arme menaçante devant la figure livide de l’ivrogne… Il veut éveiller ses camarades : la pointe du couteau lui fend la lèvre. La folle s’irrite de plus en plus, comme un feu que le vent attise. Elle est horrible dans sa fureur. Le maître d’école effrayé se sauve. Elle le poursuit dans la rue, et le couteau tranchant effleure, de temps en temps, le dos du lâche qui se sauve. Tout à coup elle s’arrête. Le maître d’école profite de ce moment de répit pour s’esquiver. La folle revient sur ses pas et s’engage dans la rue Saint Joseph. La porte de mademoiselle Paméla est encore ouverte. Elle entre : les brigands enivrés ronflent toujours. Mais l’enfant est disparue.


XVIII

UNE MÈRE PARDONNE TOUJOURS.


La corvée de brayage était finie. La dernière poignée de lin s’était changée en filasse soy-