Page:LeMay - Le pèlerin de Sainte-Anne, Tome II, 1877.djvu/192

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XIX.

LE MUET CONTINUE SON PÈLERINAGE.


Le pèlerin eut un instant regret d’être revenu à la maison de ses hôtes, car la colère et les menaces des habitants accourus aux cris de madame Lepage, ne présageaient rien de bon. Il craignit pour sa vie. L’aveugle fureur du peuple est traître… Il faut la redouter. Cependant l’infortuné garçon ne perdit point sa sérénité. Il attendit en invoquant le Seigneur. Et quand la première effervescence se fut un peu calmée, il attira, par des signes, les gens sur le rivage, et les conduisit à la talle d’aunes où il s’était caché pour surprendre les voleurs. En arrivant ils aperçurent un corps meurtri gisant sur la grève.

— C’est le docteur qui vend sur le marché, dirent quelques habitants.

— C’est, en effet, le débitant de sirop de la vie éternelle… reprirent les autres.

— Il est mort !