Page:LeMay - Le pèlerin de Sainte-Anne, Tome II, 1877.djvu/308

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long, la tête penchée sur sa poitrine, regardait en silence et pleurait. C’était Picounoc. Une forme légère, sortant du fond des bois, s’avança silencieuse sur la berge. Inclinée, elle regardait l’œuvre sinistre avec curiosité. Tout à coup elle s’écria : Marie-Louise ! Marie-Louise ! Viens ! n’aie point peur !… la fosse du ruisseau n’a pas été creusée pour toi !… La tombe se ferme !… Le ruisseau va couler sur la face d’un maudit… mais l’eau ne lavera pas les souillures de son âme !… Marie-Louise ! Marie-Louise ! Viens ! Hâtez-vous ! hâtez-vous ! de crainte qu’il ne se réveille !… Foulez la terre avec vos pieds pour qu’il ne se lève plus !… Entassez les pierres !… Ils étaient deux !… Creusez un trou pour l’autre… un trou jusqu’aux enfers !… Marie-Louise ! Marie-Louise ! ne viens pas !… l’autre n’est pas enterré !…

Elle disparut sous les rameaux majestueux, criant toujours : L’autre n’est pas enterré !… l’autre n’est pas enterré !…

Les travailleurs, un moment retardés par l’apparition de la folle, reprirent leur tâche funèbre. La fosse fut remplie, et l’onde du