Page:LeMay - Le pèlerin de Sainte-Anne, Tome II, 1877.djvu/309

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ruisseau s’étendit comme un voile sur le cadavre du vieux brigand.


XXIX.

LA NOCE.


Neuf mois environ se sont écoulés. L’hiver est venu et s’est enfui avec ses tourbillons de neige et ses vents de nord-est ; avec ses cieux saturés de lumière et ses clairs de lune incomparables ; avec ses fêtes et ses travaux. L’été chante et rayonne sur nos rives. Les portes et les fenêtres de la maison du pupille, longtemps solitaire et déserte, s’ouvrent au soleil et à la brise. Une agréable odeur de chaux et de bois lavé s’exhale des murs et des cloisons. Les contrevents ont été de nouveau peints en rouge. Le toit semble se relever plus fier au milieu des grands peupliers.

La fenaison est finie. Les granges sont remplies jusqu’au faîte, car les prairies ont bien rendu. Les habitants se reposent en attendant la récolte. Le grain n’est pas assez mûr encore pour être coupé.