Page:LeMay - Le pèlerin de Sainte-Anne, Tome II, 1877.djvu/310

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C’est le temps des mariages à la campagne. On écoute avec curiosité, le dimanche, les bans nouveaux. L’on est toujours surpris, car tels qui devaient publier, n’en font rien, et tels autres que l’on ne soupçonnait point de penser au mariage, révèlent tout à coup leurs promesses d’éternel amour. Mais nul ne fut surpris, à Lotbinière, d’entendre la publication de Joseph Letellier et de Noémie Bélanger. On savait que le pèlerin et la jeune fille s’aimaient depuis longtemps. Quelques-uns affirmaient même que leur attachement datait de l’enfance, et qu’ils avaient commencé de s’aimer à l’école. Et les commères réunies à la porte de l’église et dans la salle publique, l’automne dernier, ne se trompaient point en prédisant leur mariage. Le dimanche qu’ils publièrent, ils vinrent à la messe ensemble. C’était la coutume alors. Le garçon d’honneur, assis sur le petit siège de la calèche, en avant, les menait lui-même.

Aujourd’hui, quand on est sur le point de se marier, l’on semble avoir honte et l’on se cache ; c’est que l’on ne comprend plus la grandeur et la beauté du sacrement.

Le lundi soir, veille du mariage, la plupart