Page:LeMay - Les gouttelettes, sonnets, 1904.djvu/104

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.
102
GLANÉ DANS NOTRE HISTOIRE



LA DERNIÈRE VICTOIRE


Rien ne consolait plus nos âmes alarmées ;
La royauté déchue, ô France, tu le sais,
Oubliait ses malheurs en d’infâmes excès,
Quand sonna de nouveau le clairon des armées.

Des phalanges de preux s’étaient encor’ formées ;
Lévis vengeait l’honneur du vieux drapeau français.
Héroïque triomphe, inutile succès,
L’Anglais ne rouvrit pas les murailles fermées.

Et l’on eût dit qu’un astre, en ce jour décevant,
Pour s’en aller s’éteindre en la mer du levant,
Lentement descendait de notre promontoire.

C’était le drapeau blanc qui retournait là-bas,
Emportant dans ses plis la poudre des combats
Et ta gloire immortelle, ô dernière victoire !