Page:LeMay - Les gouttelettes, sonnets, 1904.djvu/114

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.
112
GRAINS DE PHILOSOPHIE



GRÂCE !


Il est triste de voir la tempête accourir
Sur la plaine qu’on a vaillamment cultivée,
De voir que la moisson ne s’est pas relevée,
Et qu’avant d’être mûrs les épis vont pourrir.

Il est triste de voir soudainement mourir
Et la vierge qui boit à la coupe rêvée,
Et le jeune ouvrier qui rit à sa corvée.
Dieu, laisse l’homme vivre et le sillon mûrir !

Mais quand, au rythme doux des sylvestres sonates,
Les champs ensoleillés bercent l’or de leurs nattes,
Le faucheur radieux peut venir moissonner.

Et quand l’homme a vieilli, que sa force décline,
Et que le saint fardeau de ses œuvres l’incline,
Il aspire au repos et la’mort peut sonner.