Page:LeMay - Les gouttelettes, sonnets, 1904.djvu/139

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.
137
SONNETS RUSTIQUES



SÉCHERESSE


Les champs où les troupeaux s’en allaient festoyer,
Sont nus. Rien ne fleurit. Tristement l’agneau bêle.
A pleurer comme un glas la clarine se fêle.
On voit sur les chemins la poussière ondoyer.

Un souffle desséchant ne cesse d’aboyer.
Les ruisseaux sont taris. L’âpre chardon se mêle,
Sur les maigres sillons, aux tiges du blé grêle,
Et partout le soleil se plaît à flamboyer.

Mais si le ciel serein pleuvait sa fraîche ondée,
La terre, qui gémit comme une infécondée,
Verrait de beaux épis hérisser le labour.

Quand l’espérance en Dieu nous semblera périe,
Dans l’âme desséchée ainsi que la prairie
Nos pleurs feront germer une moisson d’amour.