Page:LeMay - Les gouttelettes, sonnets, 1904.djvu/195

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.
193
FANTAISIE



L’AVENIR


J’étais bien jeune alors… Par les seigles jaunis
Je descendis, un soir, jusqu’au bois de la rive,
Et je rêvais de lutte et de chaîne qu’on rive,
De chemins escarpés et de sentiers unis.

L’heureux temps ! Tout à coup, dans les cieux rembrunis,
Comme une voile blanche allant à la dérive,
Glisse un ange. Le bruit de son aile m’arrive
Plus suave, je crois, que la chanson des nids.

Et je le vis passer sous les rameaux sans nombre,
Aussi pur qu’un rayon, aussi léger qu’une ombre,
Et la mousse et les fleurs semblaient le soutenir.

Il me parla. Jamais un accent aussi tendre
Ne s’est, depuis ce jour, à mon cœur fait entendre :
— Viens à moi, me dit-il, viens, je suis l’avenir.