Page:LeMay - Les gouttelettes, sonnets, 1904.djvu/202

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.
200
FANTAISIE



OÙ ?


va l’oiseau léger lorsque son vol s’enfonce
Dans l’azur aussi doux qu’un voile de satin ?
Où va la barque noire avec son lourd butin
Quand s’élève la brise et que la mer se fronce ?

Où va, dans les beaux soirs, par un sentier de ronce
Qui mettra de la pourpre à son pied incertain,
La vierge qui sourit à l’avenir lointain,
A l’étoile qui brille, au nom qu’elle prononce ?

L’oiseau, par le ciel bleu, vole à son humble nid ;
La barque avec le vent fuit vers une autre grève ;
La jeune fille va dans l’amour par le rêve.

Garde au ciel bleu, Seigneur, l’oiseau qui te bénit ;
Garde la barque au vent qui souffle dans ses toiles ;
Garde à l’amour l’enfant qui sourit aux étoiles.