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AU FOYER



À MA FEMME


Restons à l’âtre clair qu’un léger souffle attise ;
Les pieds sur les chenets, causons si tu le veux.
Ton œil noir garde encor la douceur de ses feux,
Ta lèvre a des baisers plus doux que le cytise.

Et nous avons chanté, tout pleins de vaillantise,
La chanson des berceaux. C’était selon nos vœux.
Depuis le jour lointain de nos premiers aveux,
Nous suivons un sentier que l’amour poétise.

Et voici la vieillesse. Il n’en faut pas gémir.
Ensemble nous irons sous l’œil de Dieu dormir,
Laissant à nos enfants l’honneur pour héritage.

Au culte du passé l’on est toujours enclin.
Si j’éprouve un regret, ô femme ! à mon déclin,
C’est de n’avoir point pu te chérir davantage.