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AU FOYER



À MES ENFANTS


Vivre, enfants, c’est aimer et souffrir un instant.
Vous cherchez le plaisir et le plaisir vous lasse ;
De ses mailles de fer la douleur vous enlace ;
L’esprit est curieux et le cœur, inconstant.

Le spectacle du monde est souvent attristant.
Mainte fois le cœur chaud se heurte au cœur de glace.
L’intrigant mainte fois s’assied à votre place ;
L’un se gave au banquet, l’autre n’a qu’un restant.

Mais le travail est bon. Penchez votre front blême
Sur la glèbe maudite ou l’aride problème ;
Le travail est un bien et non un déshonneur.

Le succès vient toujours lorsque l’on persévère.
Enfants, n’ayez point peur de monter au calvaire,
L’épreuve fortifie… Ayez peur du bonheur.