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AU FOYER



À JEAN-MARCEL LeMAY

(Mon petit-fils)


Volez, douces chansons, autour de son berceau.
Plein de molles lueurs, son œil vient de se clore.
Que nul souffle mauvais n’agite ou ne déflore
La vertu de l’enfant, la fleur de l’arbrisseau !

quoi peut-il rêver ? A la balle ? au cerceau ?
Il ne sait point courir. Aux fleurs qu’il voit éclore ?
Aux baisers de sa mère ? A l’ange qu’elle implore ?
Il rêve à ces jouets qu’on entasse en monceau.

Et quand il sera grand, d’autres jouets, sans doute,
L’amuseront encor’. Ceux-là, qu’il les redoute…
C’est l’amour, c’est la gloire, ou l’or aux reflets doux.

Jusqu’à ce que surpris de l’humaine ignorance,
Dans une heure d’angoisse, il les brisera tous,
Pour n’en garder qu’un seul peut-être : l’espérance.