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AU FOYER



À JEANNE-MARCELLE ST-JORRE

(Ma petite-fille)


Que ta main rose joue avec ma barbe blanche,
Je te tiens sur mon cœur, tu n’échapperas pas.
Et puis, ferais-tu bien toute seule deux pas ?
Reste comme une fleur sur une vieille branche.

Menace si tu veux ; mets le poing sur la hanche ;
On ne peut effrayer un grand-père. En tout cas
Je puis lutter encore, et je ne suis point’las
De voir luire en tes’yeux ta petite âme franche.

Tu veux toucher à tout. — N’est-ce pas vrai, voyons ?
Même à l’étoile vive, à l’éclat des rayons.
Serais-tu curieuse autant que grand’mère Ève ?

Ce sont là des jouets d’anges ; voici les tiens.
Mais tu cherches ailleurs depuis que tu les tiens…
En commençant la vie on commence le rêve.